Mariage princier

Le mariage princier a, comme toujours, attiré son lot de pisse-froids qui l'ont critiqué et se sont scandalisés de ce que la télé diffusait cette cérémonie d'un autre âge. Comme toujours ces pisse-froids n'ont pu se départir de leur sérieux et regarder ou ne pas regarder ce mariage pour ce qu'il est un joli spectacle agréable et amusant et même parfois émouvant, que l'on peut regarder de temps en temps avec plaisir. Avec de la jolie musique en plus, à commencer par le God Save The Queen si brillamment chanté dans la magnifique église de Windsor. Je dois avoir un coeur de midinette mais moi j'aime bien la famille royale d'Angleterre, je n'irai pas jusqu'à les acclamer sur les rives du Mall mais je dois dire que je ne suis pas insensible à la pompe royale et à ces cérémonies de rêve. Il y a bien longtemps qu'en Grande Bretagne monarchie ne rime plus avec pouvoir absolu. Je trouve ridicule de se prendre tant au sérieux qu'on ne peut pas se retenir de râler contre la monarchie et de s'enorgueillir d'avoir, en France, fait la révolution. Et encore plus ridicule est de dire que cette monarchie coûte cher à la Grande Bretagne, même si c'est vrai, c'est ignorer combien la monarchie rend fiers et fait du bien à des millions de personnes en les distrayant d'un quotidien souvent sordide. Bref, vive la famille royale d'Angleterre, de la Grande Bretagne et du Commonwealth !

Risques de guerre

Trump n'a que mépris pour un ordre mondial basé sur le respect du droit international formé par les États-Unis et leurs alliés depuis des dizaines d'années. Et ce n'est même pas un mépris raisonné mais un mépris viscéral pour tout ce qui n'est pas America First. Il a réussi à s'entourer finalement de gens qui partagent ce mépris de façon plus idéologique que viscéral, comme John Bolton ou Mike Pompeo. Aidé par ces mauvais conseils Trump a opté pour un ordre mondial basé sur la puissance des États-Unis, dans cette nouvelle configuration c'est les États-Unis qui dictent leurs lois et les autres pays qui doivent la suivre. Je crois que c'est inciter certaines puissance rivales des États-Unis à tester cette volonté et cette puissance en Europe, au Moyen-Orient et en Asie et bien sûr les risques de conflits majeurs en sont augmentés.

Prenons le cas de l'Iran. Si les mollahs qui dirigent le pays, comme le guide suprême Ali Khamenei, décident de sortir du JCPOA et de fabriquer la bombe atomique -- après tout il a toujours considéré le JCPOA comme une concession honteuse faite à l'occident et n'a jamais vraiment caché qu'il était prêt à sacrifier son pays pour effacer Israël de la surface de la terre -- quels pourront être , hors la guerre, les moyens de l'en dissuader ? Aucun.

C'est pour cela que l'exigence d'une défense européenne forte est considérable. Trump a montré qu'il ne respectait pas les traités internationaux et a plus d'une fois émis le souhait de se retirer de l'OTAN si les alliés européens ne mettaient pas plus d'argent dans leur défense. Qui dit qu'il ne passera pas à l'action si, par exemple, les européens refusent d'arrêter de faire des affaires avec l'Iran ?

Ennuis téléphoniques

Hier l'institut Médiamétrie, un institut de sondage, m'a appelé six fois sur mon portable. Six fois ! Par erreur j'avais mis le portable en mode silence ce qui fait que je ne me suis pas rendu compte de ces appels. En prenant mon portable pour regarder si j'avais eu des SMS j'ai découvert cette série d'appels auxquels je n'avais pas répondu. Et aussitôt après que j'ai supprimé le mode silence de mon appareil, Médiamétrie a appelé, pour la septième fois en un journée. Cette fois j'ai entendu la sonnerie et j'ai répondu. Une voix féminine avec un fort accent étranger m'a demandé si je voulais bien répondre à quelques questions. J'ai acquiescé, par curiosité. Il en a suivi une série de question que j'ai eu le plus grand mal à comprendre à cause de l'accent de l'opératrice, questions de plus en plus intrusives à mon goût. Quand l'opératrice m'a demandé ma date de naissance ainsi que celles de tous les membres de mon foyer et que j'ai dû lui faire répéter trois fois la question pour la comprendre j'ai raccroché poliment, ayant peu envie de perdre mon temps plus longtemps et étant réticent à livrer des informations sur moi-même à des inconnus.

Je trouve scandaleux qu'un institut de sondage me harcèle sur mon téléphone et je trouve stupide qu'il fasse appeler par des gens avec un accent étranger tel qu'on ne comprend pas grand chose aux questions posées et enfin, je trouve très intrusives les questions posées (et encore je ne suis pas allé jusqu'au bout) !

Forcer un changement de régime

La raison de la décision de Trump est assez simple à comprendre : forcer un changement de régime à Téhéran. Pour ça il faut dénier à l'Iran le droit de rentrer dans le concert des nations et jouer le jeu des Saoudiens et de la droite israélienne. On en revient toujours aux bonnes (?) vieilles solutions des faucons néo-cons qui nous avaient déjà entraîné en 2003 dans la guerre et l'invasion de l'Irak (avec les résultats que l'on sait). Sur ce sujet je suis d'accord avec l'analyse de Stephen Walt.

Traduction de l'américain par mes soins.

La décision de Trump n'est pas basée sur le désir d'empêcher l'Iran d'obtenir une bombe nucléaire. Si tel était le cas, il serait beaucoup plus logique de rester fermement attaché à l'accord et éventuellement de le négocier pour le rendre permanent. Après tout, l'Agence internationale de l'énergie atomique (qui surveille et inspecte les installations iraniennes) et les services de renseignements américains conviennent que l'Iran respecte pleinement le JCPOA depuis sa signature.

La décision de Trump n'a pas non plus été motivée par le désir de contrer les diverses activités régionales de l'Iran, comme son soutien au régime de Bashar al-Assad en Syrie et au Hezbollah au Liban. Si tel était son but, la ligne de conduite sensée aurait été de rester dans l'accord (qui empêche l'Iran de passer au nucléaire) et d'aligner d'autres pays pour rejoindre les Etats-Unis et faire pression sur l'Iran sur ces sujets de préoccupation. Non seulement Trump trouvera-t-il impossible de réunir la même coalition multinationale qui a produit le JCPOA, mais l'Iran sera doublement réticent à négocier avec les États-Unis maintenant que Trump a montré que la parole de l'Amérique ne peut tout simplement pas être digne de confiance.

Alors, que se passe-t-il? C'est simple: abandonner le JCPOA est basé sur le désir de "garder l'Iran dans la catégorie État voyou" et de l'empêcher d'établir des relations normales avec le monde extérieur. Cet objectif unit Israël, l'aile dure du lobby israélien (par exemple, le Comité américain des affaires publiques d'Israël, la Fondation pour la défense des démocraties unies contre le nucléaire iranien) et les faucons dont le conseiller à la sécurité nationale John Bolton et le secrétaire d'État Mike Pompeo , et plein d'autres. Leur grande crainte était que les États-Unis et leurs alliés du Moyen-Orient finissent par reconnaître l'Iran comme une puissance régionale légitime et lui accorder une certaine influence régionale. Il ne s'agit pas d'une domination régionale, ce que l'Iran ne cherche probablement pas, mais de la reconnaissance que l'Iran a des intérêts régionaux et que ses préférences doivent être prises en compte lorsque d'importantes questions régionales sont résolues. Ceci est un anathème pour les faucons américains, dont le but principal est d'assurer que l'Iran reste un paria isolé pour toujours.

(...) Les faucons voient deux voies possibles au changement de régime en Iran. La première approche repose sur l'intensification de la pression économique sur Téhéran dans l'espoir que le mécontentement populaire grandira et que le régime clérical s'effondrera simplement. La deuxième option est de provoquer l'Iran à relancer son programme nucléaire, ce qui donnerait à Washington l'excuse pour lancer une guerre préventive.

Trump dénonce un second accord international

Il me semble que la décision de Trump de quitter l'accord sur le nucléaire iranien ne procède pas d'une réflexion rationnelle et ne pèse pas beaucoup les conséquences à long terme. Je crois plutôt que Trump a cédé à son désir de démonter tout ce qu'a fait Obama et à humilier tous les experts en géopolitique et en diplomatie que compte l'establishment de Washington. Trump s'est entouré de néo-cons agressifs comme le conseiller à la sécurité nationale John Bolton et le secrétaire d'État Mike Pompeo, qui renforcent son instinct plutôt que de s'y opposer, comme l'ont fait leurs prédécesseurs, H.R. McMaster et Rex Tillerson. Pour Trump tout accord donnant-donnant ne peux qu'être en défaveur des États-Unis, il n'y a pour Trump que des jeux à somme nulle (un jeu  où le gain de l'un constitue obligatoirement une perte pour l'autre). Trump méprise les gens qui ont négocié l'accord et l'endosser de quelque façon que ce soit n'a jamais été concevable pour lui.

Mais maintenant qu'il s'est retiré de deux accords internationaux qu'avait signé son prédécesseur que vaut désormais la signature des États-Unis au bas d'un traité ou d'un accord international ?

Il revient donc à l'Europe d'essayer de sauver cet accord qui pour le moment garanti que l'Iran ne se dote pas de la bombe atomique. Ce sera très difficile. D'autant que l'Iran n'est pas inactif dans le Moyen-Orient : soutien aux rebelles Houthis au Yémen contre l'Arabie Saoudite, soutien au Hezbollah libanais, présence militaire en Syrie pour soutenir le régime d'Assad, soutien aux Irakiens pour réduire les Kurdes et mise au point de missiles balistiques à longue portée.

Faux positif

Un taxi autonome (sans chauffeur) Uber a tué une piétonne à Tempe (Arizona). Depuis cet accident tous les taxis autonomes Uber ont été arrêtés en attente du résultat de l'enquête. Et celle-ci a révélé que l'origine de l'accident n'était pas un défaut dans les systèmes anti-collision du taxi mais dans le programme même qui sert à la conduite de celui-ci.
Le problème viendrait de la configuration du logiciel et notamment de sa capacité à juger qu’un événement sur la route est un faux positif. En effet, les véhicules autonomes, ceux d’Uber compris, sont équipés de systèmes qui leur permettent de ne pas réagir si des formes détectées ne présentent pas de danger (pensez à des feuilles qui voleraient sur la route, un sac en plastique ou même un piéton qui attendrait immobile sur la route juste à côté du trottoir). Ces événements ne doivent pas déclencher de surréaction du véhicule qui pourrait alors mettre en danger des passants ou le conducteur. (...) La voiture a vu la piétonne poussant son vélo sur une voie rapide, mais n’a pas choisi d’ajuster sa trajectoire ou de freiner : elle a considéré ce qu’elle a vu comme un élément qui ne présentait pas de danger immédiat.(...) La raison évoquée par nos confrères pour cette configuration malheureuse est tragique : Uber est une entreprise de transports de passager et elle fait tout pour que la conduite autonome de ses véhicules soit confortable. Cela signifie que les paramètres de le conduite autonome sont ajustés avant toute chose pour que le transport soit agréable.
Numérama
Donc la raison pour laquelle le robot qui dirige la voiture autonome aurait choisi de risquer de renverser la piétonne serait qu'il a privilégié le confort des passagers à un coup de frein trop brusque, alors qu'elle "pensait" que le piéton n'était pas un danger pour elle.

Voilà du grain à moudre pour les opposants à l'Intelligence Artificielle et pour ses partisans. De quoi rappeler les lois de la robotique d'Isaac Azimov :

Première Loi : « Un robot ne peut porter atteinte à un être humain ni, restant passif, laisser cet être humain exposé au danger. » ;
Deuxième Loi : « Un robot doit obéir aux ordres donnés par les êtres humains, sauf si de tels ordres sont en contradiction avec la Première Loi. » ;
Troisième Loi : « Un robot doit protéger son existence dans la mesure où cette protection n'entre pas en contradiction avec la Première ou la Deuxième Loi. »