Martin Luther King et la Marche sur Washington



Très beau documentaire commémorant la Marche sur Washington du 28 août 1963, relatant l'épopée que fut l'organisation de cette manifestation, racontée par les gens qui y participèrent ou en furent témoins.

Champ d'étoiles

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Toutes images faites la semaine dernière à L'Essart, et il y en a encore beaucoup, de quoi tenir une partie de l'automne!

Buches

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La forêt de Chinon est exploitée, donc périodiquement des parcelles sont coupées à blanc et laissées à se repeupler naturellement. La forêt de grands arbres recule sans cesse autour de la maison de L'Essart et désormais il faut marcher un moment à travers les taillis pour la retrouver. C'est bien sûr nécessaire d'exploiter cette forêt mais ça fait mal au coeur de voir ces grands arbres disparaître.

Grenouille sur la mare


Les grenouilles sur la mare sont devenues farouches et il est difficile de les surprendre pour les photographier. Pourtant celle-ci est restée suffisamment de temps pour que je puisse la photographier plusieurs fois.

Quand on est à la campagne contempler la beauté du monde est plus facile qu'en ville. Nulle part ailleurs l'harmonie n'est plus évidente à voir. L'harmonie: le hozho des indiens Navajos. Pour les Navajos l'harmonie est synonyme de beauté.

Pins

Pins maritimes à L'Essart
Ces pins ont le même age que moi, je me souviens du jour où ma mère les a planté dans le fond du terrain à L'Essart.

Aller à Compiègne

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Pas en forêt de Compiègne mais en forêt de Chinon en Indre et Loire.
J'ai l'intention de quitter Paris, pour des tas de raisons que j'ai déjà eu l'occasion d'exprimer ici. Je cherche une petite ville en lointaine banlieue nord. Une ville qui serait à la fois desservie par des trains directs vers la gare du Nord à Paris, où je travaille, et qui serait près de bois ou de forêts, ou la campagne et la nature soit accessible facilement. J'ai pensé à Orry-la-Ville ou Chantilly mais le parc locatif est trop restreint et les loyers trop chers. J'aurais aimé Senlis mais il n'y a pas de gare à Senlis. Je suis donc très intéressé par… Compiègne.

Compiègne a un parc locatif bien fourni, les loyers ne sont pas excessifs, est à une heure de la Gare du Nord par TER ou Intercité et en lisière d'une forêt éponyme.

Habiter à Compiègne rallongerai mon temps de navette mais soulagerai mon stress d'habiter à Paris et me rapprocherai de la campagne. Ça me permettrai de changer d'appartement et de payer moins de loyer tout en améliorant mon cadre de vie.

J'y pense fortement.

Nénuphars


Mousses


J'aime les mousses, ce sont des plantes sans racines qui vivent en colonie et qui se nourrissent des nutriments apportés par l'air et par l'eau.

Changements

 Je me dis qu'il faut que je change un peu mon mode de vie. J'ai pensé à ça toute cette semaine passée à la campagne. J'ai imaginé plusieurs solutions plus ou moins radicales mais aucune n'est réalisable, du moins tant que je travaille. Alors je crois qu'il faut que je change non pas de domicile (comme je viens de l'écrire ce n'est pour le moment pas possible, du moins pas raisonnable) mais de mode de vie. J'ai déjà pensé à deux ou trois aménagements possibles, et probablement que je penserai à d'autres. De petits changements, assez gradués, étalés dans le temps, faisables sans trop d'efforts, qui me permettront de vivre mieux et de mettre un peu plus d'argent de côté. Et essayer d'aménager mon appartement d'une façon un peu différente de façon à le rendre plus agréable à vivre malgré les dégradations de l'immeuble qui ne sont pas de mon fait ni de ma responsabilité et que je n'ai ni les moyens ni la possibilité matérielle de réparer.

Ce qui m'étonne c'est que je vive aussi bien, aussi sereinement, à la campagne. J'ai toujours cru que j'étais un urbain, que la grande ville m'était indispensable. Je me rends compte qu'en fait la ville me stresse et que la campagne me détend. Et ce n'est pas parce que je suis ici en vacances, mon travail me stressant assez peu et m'intéressant beaucoup, je prends même plaisir à aller au travail en ce moment, ce qui n'a pas été toujours le cas, loin de là. Ici l'observation de la nature apaise mes tensions mentales, la vue des beaux paysages de Touraine m'enthousiasme et chasse le cafard. Ici je ne suis atteint par le cafard ou l'anxiété que dans certaines circonstances particulières, lorsque je suis avec des gens avec qui j'ai des relations affectives chargées d'histoire, de vieux ressentiments et de culpabilités et des incompatibilités de caractère irréconciliables malgré les ans et les efforts faits pour les réconcilier.

Grenouille


Dans la mare, à l'Essart.

Prairie



J'aime beaucoup les photos de nature de l'école de Ansel Adams. Ansel Adams pratiquait la chambre  avec des émulsions noir et blanc, mais ses successeurs pratiquèrent la couleur. L'une des caractéristiques de cette école de photographie était la parfaite netteté de tout ce qu'il y avait sur l'image. Pour cela Ansel Adams utilisait une ouverture focale de 64, un trou d'épingle, et une chambre grand format.

Il est bien sûr impossible d'imiter ce genre de prise de vue avec un petit appareil numérique bridge, mais on peut s'amuser.

iOS7

J'ai téléchargé et installé iOS7 sur mon iPad et sur mon iPhone 4S. Aucun problème. J'ai sans doute eu un peu de chance puisque l'ensemble de l'opération a pris tout au plus une heure sur chaque appareil.

Et je dois dire que j'adore la nouvelle esthétique (plate) et l'abandon du skeuomorphisme. Les couleurs sont acides mais j'aime bien. La typo très fine reste très lisible. C'est propre et minimaliste, c'est clair et aéré.

Le fonctionnement est bien plus intuitif et pratique que dans la version précedente. Je suis étonné par contre que iBook n'ai pas abandonné ses horribles étagères en faux bois. Ou alors j'ai loupé quelque chose. Je bricole encore et je m'habitue progressivement aux nouvelles manœuvres mais c'est sans difficulté aucune.

Les apps mettent un peu de temps à suivre la nouvelle esthétique et en particulier les apps de saisie de texte (sauf Draft, dont la nouvelle interface intègre parfaitement l'esthétique iOS7). L'app du New York Times a fait peau neuve mais hélas ce n'est pas une réussite. Espérons qu'elle sera vite corrigée.

Je lis beaucoup de gens qui pestent contre la nouvelle esthétique et contre la nouvelle UI, ce n'est pas mon cas. Je suis sûr que dans quelques semaines tout le monde aura pris l'habitude et que nous trouverons iOS6 terriblement démodé.

La bruyère


Léon

Afterlight

Voici le petit gars qui rentre bourré à quatre heures du matin et qui fait un boucan pas possible. C'est un loir gris (Glis Glis). Espèce de rongeur européen protégée. Le loir gris vit uniquement en Europe, dans les forêts de feuillus ou a leurs lisières. Ce qui tombe bien parce que la maison est à la lisière d'une forêt de feuillus justement. Vous le voyez ici juché sur une caisse de Muscadet dont il a fait son domicile pour l'hiver. Il faut dire que ce petit gars dort pendant 7 mois de l'année! Il hiberne à partir de début octobre et se réveille au mois d'avril ou mai. Il y a toujours eu des loirs ici, quand j'étais petit on en trouvait endormis souvent dans les pots de fleurs vides ou les vases. C'est une petite bête nocturne (ah oui ça!) très curieuse et pas farouche. Pour faire cette photo j'ai juste tapé du doigt sur la caisse et il est sorti pour vois ce que c'était et il est resté à me regarder pendant un bon moment. Ses pattes sont enduites d'un produit collant qui lui permet de courir le long des murs. Ils sont peut-être deux dans leur maison mais je n'en ai vu qu'un ou une. Sans connaître son genre je l'ai appelé Léon. De façon à pouvoir crier "ta gueule Léon" la nuit prochaine quand il va rentrer se coucher à quatre heures du matin.

Un gros flemmard

Samba

Bucolique

Je m'étonne de la vitesse avec laquelle passent les jours, ici, à la campagne. Nous sommes vendredi et je suis arrivé lundi soir, déjà trois jours passés, me restent quatre jours. Les jours passent vite et sont très calmes, les nuits par contre...

Mal dormi la première nuit, c'est normal, c'est toujours comme ça quand je change de lit, la première nuit dans le nouveau lit est agitée. La seconde nuit c'est un rongeur, un rat des champs, une souris ou peut-être un loir qui a fait du raffut dans l'écurie (qui sert de cambuse et plus d'écurie) en dessous de ma chambre. Ça m'a reveillé et empêché de me rendormir pendant un bon moment. Le troisième nuit apparition du cerf qui brame près de la maison. D'aucuns trouvent beau le brame du cerf le soir au fond des bois, au point de faire des kilomètres pour l'écouter. Le brame est le cri du cerf en rut qui appelle les femelles et qui par la puissance de son cri éloigne ses rivaux éventuels. C'est une sorte de meuglement sauvage, comme celui d'une vache, en plus rauque. Ce n'est pas beau du tout et quand ça dure toute la nuit ça devient pénible. Car mon cerf a gueulé toute la nuit dans les bois qui jouxtent la maison, à deux ou trois cent mètres tout au plus. A huit heures du matin il gueulait encore. La quatrième nuit retour des rongeurs, vers trois heures du matin. Je pense, au bruit qu'il fait, que c'est un loir qui cherche à se frayer un chemin dans le plafond, nouvellement refait, de l'écurie, juste en dessous de mon lit. Pourquoi un loir? Parce qu'il y a beaucoup de ces petits animaux dans le secteur et qu'ils ont déjà, par le passé, élus domicile dans l'écurie. En ce moment manifestement l'animal se ronge, bruyament, un passage pour entrer par le plafond dans l'écurie. Le chat, qui dort sur mon lit, est parfaitement indifférent à l'activité qui se déroule sous son nez (qu'il a perpétuellement bouché d'ailleurs ce qui fait qu'il ronfle en dormant). Il a fallu, cette nuit, pour faire cesser le trouble, que j'allume la lumière, que je tape sur le sol pour faire du bruit et effrayer le gêneur. Il n'est pas revenu ou bien je ne l'ai plus entendu mais je suis bien certain qu'il reviendra une nuit prochaine. Je ne sais pas quoi faire pour l'en dissuader. 

Enfin tous ces petits soucis nocturnes ne me gènent pas trop et ne sont pas de nature à me gâcher mon séjour. J'ai installé iOS7 sur mon iPad hier soir et ce matin sur l'iPhone. Je ne suis pas du tout depaysé par le nouveau design et je le trouve très beau. Ce doit être mon coté contrariant parce que tout ce que j'ai pu en lire ce sont des plaintes. Je ne me plains pas, je suis heureux d'avoir pu installer iOS7.

Hier une ballade dans la forêt (pas vu de cerf en rut, il paraît que les cerfs sont dangereux quand ils sont dans cet état et qu'ils peuvent charger les humains, mais je suis revenu sain et sauf de ma promenade, même pas eu peur). La forêt n'a pas encore ses couleurs d'automne sauf les fougères qui commencent à roussir et la bruyère qui est en pleine fleur. 

La fin de Petit Mac

Alors que j'étais en train de mettre à jour le billet précédent Petit MacBook a rendu l'âme. Sans doute dégoutté par la bêtise ambiante qui s'est exprimée à l'occasion de la tragique affaire de Nice, il a préféré mettre fin à ses jours. Ce n'est pas grave, j'ai mon iPad et son petit clavier qui va bien et qui fonctionne parfaitement bien. Et pour les photos j'ai le Mac de mon beau-frère qui est prêt à m'assister. Petit Mac était de toute façon obsolète depuis longtemps, il ne fonctionnait plus que très lentement, vieillard cacochyme!

Adieu Petit Mac tu m'auras bien servi.

Maitre Éolas sur l'affaire du bijoutier de Nice

La loi ne vise pas à promouvoir des comportements héroïques. Elle peut punir la lâcheté quand il n’y avait aucun risque à agir, mais ce qu’elle vise avant tout c’est l’ordre et la sécurité de tous. Bien sûr, elle ne peut assurer la sécurité absolue de chacun à toute heure. Oui, l’État, qui est le bras séculier de la loi, a failli à protéger ce bijoutier. Cela peut engager la responsabilité de l’État, mais cela ne permet en rien à ce bijoutier de s’affranchir lui-même de la loi. Et regardons ce qu’a fait, objectivement, cet homme.

Il a 67 ans, âge vénérable, auquel hélas la nature commence a prendre son dû. La vue baisse, la main tremble. Cet homme, sous le coup d’une terrible émotion, mélange de peur, de colère, de douleur, car il a reçu des coups, sort dans la rue, un mercredi matin à 9 heures, à l’heure où les enfants vont aux centres de loisir ou au parc, et il ouvre le feu à trois reprises. En plein centre-ville. Avec une arme détenue illégalement. Sérieusement, vous estimez que c’est un comportement digne d’éloge ? Dieu merci, il n’a blessé aucun passant, il n’y a pas eu de balle perdue. Peut-on conditionner un comportement à son résultat ? Si un enfant se rendant au parc s’était pris une balle perdue, applaudiriez-vous toujours ce monsieur ? Et pourtant, il aurait fait exactement la même chose.La fin ne justifie pas les moyens dans une société civilisée.

Il n’a donc touché que son agresseur. Un jeune homme de 19 ans, futur père. Dans quelques mois, un enfant va naître. Il ne connaitra jamais son père. Faut-il lui dire que c’est bien fait pour son papa et donc que le fait qu’il naisse orphelin est juste ? Dans le pire des cas, si la loi avait été respectée, son père, arrêté, aurait été condamné à 15, peut-être 30 ans de réclusion. Avec des possibilités de libération anticipée, mais dans tous les cas, il aurait connu son enfant, à qui il aurait pu apprendre par l’exemple les principes des causes et des conséquences légales. La souffrance de ce père absent, mort à 19 ans, c’est cet enfant qui va se la prendre dans la figure, et ça peut être terriblement destructeur. Quelle faute a commis cet enfant pour que cette épreuve qui l’attend vous emplisse de joie ? Qu’est-il donc devenu, le droit de tout enfant à un papa et une maman ? Je ne me souviens pas que c’était sous réserve d’un casier judiciaire vierge. Et ce jeune homme mort avait une compagne, il avait lui aussi des parents, peut-être des frères et sœurs, qui, eux, n’ont rien fait. Rirez-vous au nez d’une mère qui perd son fils ? Applaudirez-vous ses larmes en disant “Justice est faite” ? Si tel est le cas, juste une question : en quoi êtes-vous meilleur que ce jeune homme ? Lui, au moins, ne tirait aucun plaisir de la souffrance d’autrui. Il faisait ça pour de l’argent.

Et même si la souffrance des proches, bien qu’innocents, vous indiffère, que va-t-il se passer à présent ? Croyez-vous une seule seconde que des apprentis braqueurs vont être tétanisés de peur et renonceront à leur projet, et à la place deviendront d’honnêtes autoentrepreneurs dans l’agriculture bio ? Non, la leçon sera retenue. Et elle est : ne jamais laisser le commerçant libre de ses mouvements après coup. Chercher s’il y a une arme, et l’emporter. Le ligoter, au mieux, l’assommer, le blesser, et dans le doute, tirer le premier. Ce genre de faits divers met en danger tous les bijoutiers et tous les commerçants susceptibles d’être braqués. Voyez : ce bijoutier s’est vu obligé de quitter le département pour se mettre à l’abri de représailles. Il ne peut rouvrir sa boutique pour une durée indéterminée. Peut être définitive vu son âge, avec un fonds de commerce qui a sans doute fortement perdu de la valeur avec cette histoire. Cela en valait-il le coup ? Pour vous, dont l’implication consiste à un clic, sans nul doute. Vous pouvez, sans risque, ce qui garantit toujours de la bravoure, vous projeter à sa place et fantasmer que vous eussiez fait de même. Et vous passerez à autre chose et continuerez à vivre tranquillement car vous ne l’avez pas fait et n’avez pas à vivre les conséquences. Ce n’est pas le cas de cet homme.

Vous voyez que ça ne se résume pas à pleurer sur le sort d’un braqueur. Lui est mort, tout lui est indifférent désormais.

J’espère nourrir un peu votre réflexion. Si la raison vous indiffère, vous vous êtes fourvoyés en arrivant ici.

L'affaire du bijoutier de Nice - Maître Éolas.

UMP FN

Je pense que la droite de l'UMP n'a plus guère de différences avec le Front National et que donc, un jour prochain il y aura une scission au sein de l'UMP, entre la droite dure et la droite "humaniste". Il est possible que l'UDI soit alors renforcée ou que se crée un parti de droite modérée à ses cotés. Les autres formeront un parti satellite du FN qui aura pour effet de permettre des alliances locales, menant des gens du FN au pouvoir dans certaines villes voire même régions.

J'entends les UMPistes à la droite de ce parti, leur radicalisme, leur recours à la calomnie et à l'insulte envers tout ce qui ce trouve à leur gauche, leur racisme à peine caché, tout ça fait que ces gens ne sont plus la loyale opposition qu'ils devraient être dans une démocratie. Quand on se croit titulaire du pouvoir de droit quasi divin tout autre détenteur du pouvoir, même démocratiquement élu, ne peut qu'être un usurpateur qu'il faut déloger par tous les moyens. C'est la tendance de la droite aujourd'hui et les barrières éthiques qui l'empêchait de tomber dans les bras du parti fasciste sont en train de tomber. Et je crois que c'est grave.

Nouveau séjour à la campagne

Je me sens bien à la campagne. Je suis tranquille, la maison est belle et confortable, c'est calme et le chat me tient compagnie. C'est idéal pour se reposer quelques jours. Je m'occupe du poulailler, ce qui ne demande pas trop de travail, je bricole un peu dans le jardin, je vais me balader dans les bois, je lis, j'écris et je butine sur le web. Quand je me sens seul je vais voir mon frère qui habite à quelques kilomètres et qui est toujours là en cas de besoin. Je me fais la cuisine et je mange sainement, en particulier les légumes du jardin, en ce moment il y a des tomates, de la salade, des concombres, les oeufs des poules, des patates (j'adore les patates) et un congélateur assez rempli de bonnes choses et tout est bio. Je vais cueillir les pommes, les pommiers sont pleins cette année. C'est une vie tranquille et oisive qui me va bien, pendant quelques jours au moins. Je pense qu'à long terme ça m'ennuierait mais là, pour le moment, je suis bien heureux de pouvoir profiter de temps à autres de cette maison.

Je crois que l'état général de mon immeuble à Paris me démoralise. Je ne vois que ça pour expliquer que, par exemple j'ai passé deux jours moroses chez moi et que, arrivé ici, je me sentes de nouveau bien. Mon immeuble et les appartements qui sont dedans se dégradent, le propriétaire (une filiale de la SNCF) repousse sans cesse les travaux prévus de réhabilitation parce qu'il est en pourparler avec un autre office d'HLM pour vendre l'immeuble. La gestion de l'immeuble ne se fait plus qu'au jour le jour, et il n'y a personne qu'on puisse joindre au siège de la société gérante. Les associations de locataires sont impuissantes et ne sont pas écoutées. J'ai un loyer très favorable par rapport aux prix des locations à Paris et c'est la seule raison pour laquelle je reste dans cet appartement. L'immeuble est bien sûr encore habitable mais il est dégradé, en particulier l'intérieur des appartements est dans un état parfois lamentable, et encore je pense être moins touché que certains. Ce manque de confort esthétique est très désagréable, même pour moi qui ne suis pas exigeant. Je crois que c'est important d'avoir un home agréable à vivre et le mien n'est plus vraiment agréable à vivre depuis quelques temps déjà. Je pourrais faire faire des travaux à mes frais mais ça serait de l'argent fichu en l'air et je préfère consacrer mes revenus à autres choses.

Et s'il pleuvait?

Ma soeur semble persuadée qu'il va pleuvoir toute la semaine pendant laquelle je serai à la campagne pour garder sa maison en son absence. Elle est inquiète parce qu'elle a peur que je déprime si je passe une semaine avec le mauvais temps, à ne pas pouvoir sortir. J'essaye de la rassurer mais je regarde les prévisions météo et je me rends compte que le beau temps prévu la semaine prochaine à Chinon a cédé la place à un temps plutôt mitigé : mardi et mercredi pluvieux, jeudi, vendredi et samedi secs mais sombres et nuageux. Et pas trop chaud avec ça. Et ça peut changer encore, en bien ou en plus mal.

Il m'est déjà arrivé de passer une semaine à la campagne avec du mauvais temps, par exemple en 2011 je me souviens de deux séjours particulièrement humides et frais. Et je ne m'étais pas ennuyé ni n'avais déprimé. Il n'y a pas de raisons que je m'ennuie cette fois-ci me dis-je, avec optimisme. Quelle est l'alternative? Revenir à Paris s'il fait trop mauvais et reprendre le travail? C'est possible mais ça serait très contrariant. Ma soeur a instillé le doute dans mon esprit alors qu'il n'y en avait aucun.

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C'est une jeune femme, la trentaine, mariée, deux enfants, un de deux ans l'autre de quatre, études secondaires normales, Bac Pro Secrétariat, employée de bureau, un pavillon modeste, un jardinet avec une balançoire. Bien dans sa société, elle adhère à toutes les modes du moment, son vocabulaire est typique de l'époque, avec ces termes de psychologie popularisés par les journaux féminins et les livres de self-help. Elle adore les mariages, les fêtes, la plage (surtout quand il y'a du monde, elle a manifestement un instinct grégaire très prononcé). Sa vie est bien rangée, sans surprise aucune, avec les petits soucis du quotidien qui sont le lot de chacun mais pas plus. Elle habite en province et pas sur la côte méditerranéenne. Elle ne milite dans aucun parti, je ne sais pas pour qui elle vote habituellement, si elle vote. 

Elle a "liké" la page Facebook de "soutiens au bijoutier niçois" et a ajouté en commentaires que si tout le monde faisait pareil (c'est à dire buter les truands dans la rue) on vivrait mieux en France. 

Tant de rancœurs et de peurs qui s'expriment soudain à la faveur d'un fait divers monté en épingle par la presse et les réseaux sociaux, c'est sidérant.

Bougeotte

Au travail, nous allons encore déménager. Dans le même immeuble et au même étage mais de l'autre coté de l'immeuble par rapport à celui où nous étions aujourd'hui. Nous n'aurons plus la Gare du Nord sous nos fenêtres mais le Boulevard de La Chapelle et La Goutte d'Or. Et le métro aérien va passer juste à notre hauteur, à vingt mètres de nos fenêtres. Les passagers du métro vont donc pouvoir me voir travailler, ou bailler aux corneilles, ou les regarder passer. Les futurs bureaux sont clairs et plus agréables que les anciens et nous serons moins nombreux pour plus d'espace, donc tout est bien. Et comme je serai toujours à quinze minutes de chez moi à pieds je ne peux pas me plaindre, j'ai même beaucoup de chance.

Depuis que je suis dans ce service, 6 ans, j'aurai déménagé une fois par an. En général pour aller à dix ou vingt mètres plus loin ou pour revenir à l'emplacement initial, sauf une fois d'un bout à l'autre de Paris. Je ne m'explique pas cette bougeotte. Peut-être qu'en nous faisant changer de place ils pensent réorganiser, en mieux, le travail. Mais à part le changement d'emplacement je n'ai guère vu de vraie réorganisation.

Fin d'été

C'est sûr l'été est fini. J'ai ressorti un pull et mon imperméable. Avant-hier et hier il a plu toute la journée. Depuis une semaine je ne peux plus garder la fenêtre de ma chambre ouverte la nuit, il fait trop frais. Ce matin pas possible non plus de laisser la fenêtre ouverte dans la salle de séjour. Cet après-midi c'est enfin possible. Le ciel est gris avec des grandes traces de bleu. J'écoute Avishai Cohen, ça va bien avec le temps.

Je suis en vacances pour une huitaine de jours et je vais à la campagne à partir de mardi, ce seront mes dernières vacances de l'année 2013. Comme les années précédentes j'aurai pris mes congés par petits morceaux de une ou deux semaines éparpillés entre juin et septembre. Encore cette année, hélas, pas de séjour en Amérique de prévu, pas de New York City. 

S'en sortir sans perdre la face

Obama n'était pas chaud pour y aller et l'opinion publique ne voulait pas non plus, donc il fallait trouver une sortie sans perdre la face. Et c'est V. Putin qui lui permet de ne pas perdre la face. Bien joué les Russes, brillant même.

Limited airstrikes with, as the president repeatedly said, "no boots on the ground" weren't going to bring down Assad. They would have meant more death in a country that has seen too much of it, with the benefits more of a longer-run variety in dissuading leaders from using chemical weapons in the future. And, a decade after the Iraq invasion, there is no political support in the United States for a longer, deeper, hands-on intervention that might actually speed up regime change in Syria, let alone for the financial and human costs it would incur.

So it's a dismal situation all around. Still, this deal gives the president the face-saving out that a congressional rejection of airstrikes wouldn't have. It's hard to know sometimes whether Obama is playing a chess game that is so sophisticated the rest of us can't tell what he's doing or simply blundering about hoping for the best. From what we know so far, this looks like the latter. But Americans, if the public opinion polls on military action are a guide, will take it.

Neil Irwin - The Washington Post  Was Obama’s Syria strategy brilliant or lucky?

Passing shot

Abou Djaffar, admirateur du beau jeu

La manœuvre est superbe, et prolonge le révisionnisme observé depuis quelques jours, qui niait l’évidence sans proposer aucune vérité alternative. En 2002, les Pakistanais nous avaient dit « Il n’y a jamais eu camp jihadiste sur notre sol et d’ailleurs nous les avons tous démantelés ». En 2013, les Russes nous disent « Nos alliés n’ont jamais utilisé d’armes chimiques mais nous vous proposons une solution pour qu’ils ne les emploient pas à nouveau ». Je crois bien avoir laissé échapper, hier soir, un sifflement admiratif.

Un fait divers

On a du mal à y croire à ce fait divers survenu à Brooklyn. Antiq Hennis, un bébé d'un an, a été tué par balle par deux individus, Daquan Breland, 23 ans, et Daquan Wright, 19 ans, qui croyaient tirer sur le père de l'enfant, Anthony Ennis, 21 ans, pour venger la mort du frère de Wright. Notez bien l'âge des protagonistes de cette tragédie. Ils sont tous, moins le bébé, membres de gangs et ont tous un casier, malgré leur jeune âge. 

Pour ses funérailles, le bébé de 16 mois était habillé d'un costume blanc et d'une casquette des Yankees, blanche aussi.

Champ de ruines

"Dans le champ de ruine qu'est devenue ma mémoire", dit Jacques Roubaud au début du "Grand Incendie de Londres". Cette phrase s'applique parfaitement à moi. Mes souvenirs sont des bribes souvent sans continuité, des ruines, oui, comme ces photos de villes détruites par la guerre, Berlin, Tokyo ou St-Lô en 1945, ou ces villages côtiers du nord du Japon après le tsunami de 2011. Certains souvenirs sont en partie reconstitués d'après ce qu'on m'a raconté, ou d'après de vieilles photos, comme cette image de moi enfant avec un regard d'une attendrissante tristesse contemplant une hirondelle à l'aile cassée perchée sur mon doigt . En me concentrant j'arrive à reconstituer la scène dans ma mémoire mais je ne sais pas si cette scène est un souvenir authentique ou bien reconstituée à partir de l'image et de ce qu'on m'a raconté.

De temps à autre une bribe de souvenir remonte à la conscience, sans prévenir, presque brutalement, j'aimerai en savoir plus, je me concentre mais cela n'a pour effet que de faire remonter d'autres bribes, d'autres ruines, qui n'ont en général pas de liens avec le souvenir initial. C'est comme-ci je lançais ma ligne de pêche dans l'eau et qu'à chaque fois je remontais un poisson d'une espèce différente du précédent. Du champ de ruine qu'est devenue ma mémoire n'émergent plus que des fantômes d'immeubles au milieu de tas de gravats informes qui n'évoquent plus les constructions qu'ils composaient et de la ville détruite ne reste plus que la vague trace de ses rues.

Astucieux

La manoeuvre du président Obama est astucieuse. Il est en conflit permanent avec la Chambre des Représentants dominée par les Républicains, qui font de l'obstruction systématique. Cette affaire syrienne peut mal tourner, par exemple un missile peut dériver, atterrir parmi les populations civiles et faire un massacre ou Assad peut répliquer en balançant plein de missiles sur Israël (certes il aurait tort de faire ça parce qu'il s'en prendrait plein la figure mais on ne sait jamais avec les dictateurs acculés). Maintenant que la Grande Bretagne ne veut plus se mêler de cette affaire, que le reste des pays de l'OTAN traîne les pieds, voire refuse carrément d'y aller (à l'exception notable mais anecdotique de la France). Obama se retrouve plutôt seul. Il y a donc tout intérêt à mouiller le Congrès. Si le Congrès autorise les frappes il n'y aura pas de blâme à venir de ce coté là en cas de pépin et dans la foulée Obama pourrait essayer de faire passer l'extension du déficit et le financement d'Obamacare. Si le Congrès refuse, Obama s'en tirera parfaitement bien et pourra accuser les Sénateurs ou les Représentants ayant voté non d'être des irresponsables, des isolationnistes et même de piètres patriotes et si parmi ces Sénateurs et Représentants pouvaient se trouver Marco Rubio ou Ted Cruz ou un autre futur candidat aux présidentielles, ça serait toujours ça à mettre à leur passif le moment venu. 

De ce coté-ci de l'Atlantique on a entendu la frustration de ne pouvoir aller casser du Syrien de la part d'un quarteron de généraux en pré-retraite. Ces belliqueux en veulent beaucoup à Obama — pour une fois qu'on voulait bien les suivre, ces c… d'Amerloques —d'avoir choisi la voie démocratique (on n'a pas idée!) et ils sont en plein fantasme sur le rôle que pourrait avoir l'armée française dans une telle opération. Nous n'avons pas de missiles de croisière et pas de bombardiers furtifs et il n'est pas prévu de risquer la peau des pilotes de Rafales ou de Mirage au dessus de Damas. Obama a dit "no boots on the ground" et surtout on tire à distance sans risquer de casser quoi que ce soit. Je ne vois pas trop comment on va pouvoir aider les Américains, d'autant plus qu'une partie de nos troupes est déjà occupée à pacifier la Françafrique.

Burning man

Photos of Burning Man 2013 - In Focus - The Atlantic

33 images de ce remarquable événement annuel.

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The Man, the day before the burn, on August 30, 2013. (CC BY ND Bexx Brown-Spinelli)

Complexité syrienne

Comme vous pouvez le voir, il ne faut pas y mettre les pieds.

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Voir en grand ici.

Syria Languages Detailed sm

Voir en grand ici.

Syria Religion Detailed sm

Voir en grand ici.
On peut trouvez ces cartes et bien d'autres et les agrandir pour les examiner, ici.
Copyright de toutes ces cartes : The Gulf/2000 Project.

Obama demande un vote du Congrès

Le Président Obama, hier soir, a décidé de solliciter un vote du Congrès avant toute intervention militaire en Syrie.

Après avoir clairement donné les raisons pour lesquelles il était certain qu'une action militaire était nécessaire pour dissuader le régime syrien d'utiliser ses armes chimiques à l'avenir.

I have decided that the United States should take military action against Syrian regime targets.

Notez bien le "should" et non "will". 

Aussitôt après cette affirmation il a présenté sa décision de demander au Congrès des États-Unis de voter pour ou contre ce recours à la force. 

I’m also mindful that I’m the President of the world’s oldest constitutional democracy. I’ve long believed that our power is rooted not just in our military might, but in our example as a government of the people, by the people, and for the people. … I believe that the people’s representatives must be invested in what America does abroad.

(C'est beau et un peu ronflant, comme toujours avec Obama, un maître de la rhétorique).

Il a ajouté qu'il importait peu que cette opération militaire ait lieu immédiatement ou bien plus tard.

The chairman of the Joint Chiefs has informed me that we are prepared to strike whenever we choose. Moreover, the chairman has indicated to me that our capacity to execute this mission is not time-sensitive; it will be effective tomorrow, or next week, or one month from now.

Il aurait pu ajouter "ou n'importe quand", ce qui place la frappe militaire comme une épée de Damoclès au-dessus d'Assad, et peut le dissuader d'attaquer de nouveau avec des armes chimiques.

C'est un coup de billard à plusieurs bandes. Il renforce la légitimité de son action en demandant au Congrès de l'approuver, il oblige le Congrès qui lui est hostile dans sa majorité et qui pratique l'obstruction systématique (au moins la Chambre des Représentants) à prendre ses responsabilités pour une fois, il oppose et renforce l'idée de démocratie face à une infernale dictature, il introduit une pause dans ce qui pourrait paraître comme une prise de décision hâtive, motivée par l'émotion et peu délibérée. 

Il est a noter qu'il a clairement statué qu'il ne s'agissait pas d'intervenir dans la guerre civile Syrienne mais de punir et dissuader Assad d'utiliser des armes interdites contre des populations civiles et qu'il ne s'agissait ni d'une invasion ni d'une intervention longue nécessitant des troupes sur le terrain.