J'ai écouté Henri Guaino...

J'ai écouté Henri Guaino hier soir dans l'émission "On n'est pas couché". Il n'a pas bougé d'un iota sur ses précédentes déclarations et a dit les assumer totalement.  Pour moi il a eu tort d'attaquer le juge Gentil de façon aussi virulente et anti-républicaine, il a beau dire qu'il veut pouvoir dire ce qu'il veut sur ce qu'il juge bon de critiquer et critiquer ce qui lui semble bon de critiquer, il est député et non pas un simple citoyen, il doit donc être plus prudent et se préoccuper de l'exemple qu'il donne. Sur le mariage gay il a répété que ce qu'il demandait était un référendum, mais c'est faut, ce qu'il demande c'est que la loi soit retirée purement et simplement. Il est clair que comme beaucoup de gens de droite il ne considère pas la gauche au pouvoir comme légitime (c'est ancien : déjà du temps de Mitterrand la droite réagissait comme cela). Il est clair aussi qu'il supporte mal d'être traité comme la droite traitait les opposants de gauche en son temps, avec indifférence et des grenades lacrymogènes en cas de besoin. Pour beaucoup de gens comme Henri Guaino se retrouver dans l'opposition et traité comme est en général traitée l'opposition dans ce pays fait mal. Une autre de ses déclaration m'a surpris : il se lamente de la perte de l'autorité de l'État. Mais n'est-il pas lui-même un artisan de cette perte d'autorité alors qu'il demande un référendum pour contourner la légitimité du parlement à voter les lois, qu'il demande au gouvernement d'écouter la rue et qu'il conteste l'indépendance de la magistrature?

Retour au Devon

Grâce à Google Street View bien sûr.

Grand Western Canal près de Westleigh, Devon, UK

Campagne près de Westleigh Devon, UK

Église paroissiale de Burlescombe, Devon, UK

Le Prince of Wales, Pub, Holcombe Rogus, Devon, UK 

Cottage à Hockworthy, Devon, UK

Souvenirs de Westleigh # 1

Le pauvre Tinker était sourd, un berger allemand d'âge canonique aux poils blancs autour du museau. Sourd et perclus de douleurs, il marchait très lentement et toujours au milieu de la route, ne s'effaçant qu'au dernier moment et avec lassitude devant les automobiles. Tout le monde le connaissait dans le village, où il n'y avait d'ailleurs pas beaucoup de circulation. Ce jour là il avait consenti à venir avec moi jusqu'au bureau de poste et retour, une ballade d'une centaine de mètres. Il marchait donc au milieu de la route quand apparut la voiture de police. Comme il était sourd et revenu de tout, il fut indifférent à mes cris qui lui demandaient de se mettre sur le coté. En bons policiers anglais respectueux des animaux les constables arrêtèrent leur voiture et Tinker la contourna, ses flancs touchant le parechoc, sans se presser, avec une nonchalance étudiée, tête et langue pendantes. Évidemment alors que je passais à mon tour à coté d'eux, le constable de gauche descendit sa vitre et du doigt me fit signe d'approcher. Il me posa une question en Anglais que je ne compris pas, à laquelle je répondis défensivement "I'm French, I don't undestand". "He's old and deaf" dis-je aussi pour excuser Tinker. "But we live here" dis-je en pointant du doigt la maison où j'habitais, toute proche et vers laquelle Tinker, qui avait repris sa marche laborieuse au milieu de la route, se dirigeait. "Oh well, never mind, be careful" dit le flic. Et ils reprirent leur route à travers la campagne du Devon.

 Westleigh, Devon, UK. Mai 1974.

Outrage à magistrat

Comme tout citoyen, le juge Gentil "n'a pas à être injurié, il n'a pas à être outragé et il a le droit de saisir la justice pour se plaindre, notamment pour injure ou outrage à magistrat puisqu'il a été outragé dans le cadre de l'exercice de ses fonctions." L'avocat s'est dit surpris par "l'outrance des réactions à cette décision." "M. Gentil n'est pas seul dans son instruction, c'est une instruction collégiale, ils sont trois magistrats à suivre le dossier", a-t-il dit.

"Ce n'est pas un magistrat seul, illuminé, animé d'une hargne particulière qui a pris cette décision. C'est un collège de trois magistrats après de précautions nombreuses."

[Le juge Gentil envisage de poursuivre Henri Guaino (Le Monde)]

Attaques contre la démocratie

M. Sarkozy est redevenu un justiciable comme les autres. Depuis la fin de son mandat, il n'est plus protégé par l'immunité pénale dont bénéficie le chef de l'Etat. Il est donc soumis à la même enquête que les autres personnes impliquées dans l'affaire Bettencourt. Avec la même rigueur. Et les mêmes droits. Y compris celui de contester sa mise en examen devant la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Bordeaux, comme l'a annoncé l'avocat de M. Sarkozy.

Deuxième vérité, opportunément rappelée par l'ancien premier ministre Alain Juppé : une mise en examen ne vaut pas culpabilité et M. Sarkozy est, à ce jour, présumé innocent. Troisième évidence, volontiers occultée par les défenseurs de l'ancien président : la décision prise à son encontre ne l'a pas été par un juge unique, mais par un collège de trois magistrats instructeurs cosaisis.

Enfin, et surtout, ils semblent oublier que l'indépendance de la justice - et le respect de ses décisions - est un des fondements de l'Etat de droit. Comme l'a rappelé sobrement la garde des sceaux, Christiane Taubira : "L'indépendance de l'autorité judiciaire est garantie par la Constitution." Et comme l'a souligné le président du MoDem, François Bayrou : "Ce sont ces attaques qui sont inacceptables. Une démocratie, c'est une presse libre et une justice libre. Les attaques infondées contre les juges sont des attaques contre la démocratie." On ne saurait mieux dire.

[Affaire Bettencourt : Quel mauvais procès contre les juges ! (Le Monde)]

Que font les polices (de caractères)?

La police que j'ai choisi pour ce blog est Candara. J'aime beaucoup Candara parce que c'est une police sans serif qui a quelques aspects subtils d'une police serif. J'aime son coté un peu ancien et aussi son aspect ramassé, compact, sans perdre de clarté et de facilité de lecture, une certaine élégance pas prétentieuse. Candara est une police "humaniste sans serif" c'est à dire sans petits bouts qui dépassent (les empattements). Elle a été fabriquée pour Microsoft et est distribuée avec Office et avec Windows 7.

Candara sample

Voici un exemple de Candara (en image pour que tout le monde puisse le voir). Jolie, non?

Donc tous les éléments de ce blog sont en Candara, sauf le titre qui est en Paytone One. Mais le problème est que si la machine avec laquelle vous affichez ce blog n'a pas Candara dans son livre des polices, alors c'est une autre police qui apparaîtra, une police fall back, une police de remplacement. La formule que j'ai utilisé pour désigner les polices dans lesquelles ce blog doit être écrit prévoit plusieurs polices de remplacement, dans l'ordre : Candara, Calibri, Segoe, "Segoe UI", Optima, Arial, sans-serif. Donc si vous n'avez pas Candara le navigateur ira voir si vous n'auriez pas Calibri, par hasard, et si vous n'avez pas Calibri alors Segoe, ou Segoe UI, ou encore Arial (mais tout le monde a Arial, alors il n'y aura pas besoin, ou très rarement, de recourir à la police sans serif par défaut du navigateur comme il est précisé à la fin). Or on me dit que 34% des Macs ont Candara dans leurs polices contre 83% des PC Windows. Il y a donc de grandes chances, si vous avez un Mac que vous voyiez ce blog en Calibri (pas vilain, mais hélas assez différent de Candara), ou plus probablement en Optima (puisque 93% des Macs en sont équipés). Optima est la police qui ressemble le plus à Candara, donc c'est bien. 

Bon mais me direz-vous, pourquoi le titre du blog s'affiche bien en Paytone One (une police assez rarement présente) sur toutes les machines alors que Candara ne s'affiche que sur les machines qui la possèdent?

C'est parce que Paytone One est fourni par Google WebFonts et pas Candara. À chaque fois que vous chargez ce blog dans votre navigateur Google envoie avec tous les autres éléments la police Paytone One pour afficher le titre. C'est ce qu'on appelle une police web. Il n'y a plus de problèmes de comptabilité. Mais Google WebFonts ne fournit pas la police Candara et donc pour tous les autres textes de ce blog je n'ai plus qu'à compter sur vous chers lecteurs.

On touche ici du doigt la principale difficulté du web design: il est difficile, voire dans certains cas impossible, de savoir exactement comment les navigateurs, présents sur toutes les machines qui vont venir charger votre page web, vont interpréter et afficher votre code. Il y a plein de sortes de navigateurs, certains sont obsolètes, certains sont carrément mauvais et obsolètes (IE6), certains ont un moteur d'interprétation du code qui ne rend pas la même chose que les autres, ou pas tout à fait la même chose. Et puis il y a les différentes résolutions d'écran et je ne vous parle même pas de la calibration des couleurs.

Des sauvages

On pourrait penser que Guaino a pété un plomb à la nouvelle de la mise en examen de son idole. On pourrait le penser si les réactions de ses compères de l’UMP avaient été moins outrancières et s’ils n’avaient pas mis en cause le juge Gentil personnellement. Mais tout ça ressemble fort à une riposte coordonnée et réfléchie des sarkozystes. Ces gens-là n’hésitent pas à salir les magistrats et la justice quand celle-ci leur met des bâtons dans les roues (et c’est fréquent). Encore une fois toute cette déliquescence de l’esprit de responsabilité publique ne sert que les extrêmes politiques. L’état politique de la France entre opposants au mariage gay, menteurs patentés de droite, incompétents et amateurs de gauche, corrompus des deux bords, extrémistes virulents est vraiment déplorable.

Fernworthy

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Dartmoor, UK.

Ce soir j'ai traversé Dartmoor en écoutant Animals des Pink Floyd. 

"You're nearly a laugh, but you're really a cry".

Solitude d'Iroise

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Je ne sais pas pourquoi j'ai eu envie ce soir de re-poster cette photo qui date de 2007. Il s'agit de la mer d'Iroise mais j'ai envie d'écrire la mer d'ardoise. On appelle ainsi une partie du littoral breton à la frontière de l'Atlantique et de la Manche, au large de Brest et du Conquet, entre la côte et les îles du Ponant : Molène et Ouessant. Ici on peut voir quelques rochers de l'Archipel de Molène, parmi eux le rocher du Morgol, dont le nom rappelle Tolkien.

Live-tweet TV

Il paraît que le soir en France un tweet sur deux commente les programmes de la télévision, un comportement qui intéresse les chaînes qui passent au crible ces tweets pour mesurer l'audience et la réception de leurs programmes et mieux cibler leur public.

Au passage une petite typologie des twitteurs (non, je n'écrirai pas "twittos" je trouve ça ridicule et un peu dégradant) :

Iligo a ainsi dressé la typologie de ces "twittos", fans du petit écran. Il les a classés en fonction de leur regard plus ou moins distancié sur les émissions et leur implication émotionnelle. Un grand groupe est composé d'individus qui réagissent souvent au premier degré à ce qu'ils voient. Prompts à critiquer ou à s'enthousiasmer, ils commentent les performances de leur équipe de sport préférée ou des candidats des télé-crochets.

Très nombreux aussi, jeunes et hyperconnectés, les "moqueurs" gardent un certain recul sur ce qui se passe et sont toujours à la recherche d'un bon mot. Les "tatillons" vont, pour leur part, traquer la moindre erreur dans les déclarations des hommes politiques et spécialistes, ou lors d'émissions d'information. Enfin, les "intellos" n'hésitent pas à donner leurs avis sur les grands sujets de société, car ils estiment que leur point de vue est indispensable au débat.

[Tweeter n'est pas zapper (Le Monde)]

Vous êtes surveillés

The Internet is a surveillance state. Whether we admit it to ourselves or not, and whether we like it or not, we're being tracked all the time. Google tracks us, both on its pages and on other pages it has access to. Facebook does the same; it even tracks non-Facebook users. Apple tracks us on our iPhones and iPads. One reporter used a tool called Collusion to track who was tracking him; 105 companies tracked his Internet use during one 36-hour period.

Increasingly, what we do on the Internet is being combined with other data about us. Unmasking Broadwell's identity involved correlating her Internet activity with her hotel stays. Everything we do now involves computers, and computers produce data as a natural by-product. Everything is now being saved and correlated, and many big-data companies make money by building up intimate profiles of our lives from a variety of sources.

Facebook, for example, correlates your online behavior with your purchasing habits offline. And there's more. There's location data from your cell phone, there's a record of your movements from closed-circuit TVs.

This is ubiquitous surveillance: All of us being watched, all the time, and that data being stored forever. This is what a surveillance state looks like, and it's efficient beyond the wildest dreams of George Orwell.

[Bruce Schneier : The Internet is a surveillance state - CNN.com]

Amazing Menu

Le premier menu de chez McDonald, le menu original. J'aime beaucoup le Thirst-Quenching Coke et la Delightful Root Beer (la Root Beer est un soda qui a un fort goût de Sorbitol, c'est pas bon et ça sent mauvais)!

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Mayflower café

Les pères pèlerins, les puritains de Plymouth Colony qui descendaient du Mayflower avaient un problème avec l'alcool. Le Mayflower lui-même était plein de gnôle à ras-bord.

Plymouth Colony was established in 1620 with the landing of the Mayflower on the long arm of Cape Cod, and it was dissolved into the Province of Massachusetts Bay in 1691. This seventy year period saw the establishment of a strong colonial government, war and peace with the natives, and it also established the Puritan faith in at the heart of early America, in which the Church was an established social order where members obeyed God—and looked out for each other to do the same. Our collective mythmaking about the Pilgrims and their pious conservatism does not make room for this image of the colony. Pilgrims are hard-working, religious, pious people to us, and Americans are intoxicated with this puritanical vision of past. We don’t see Plymouth as a party town, but as the birthplace of our best selves.

And yet alcohol was everywhere. The Mayflower had been stocked with more beer than water, as well as cider, wine, and aqua vitae, a form of distilled brandy. The first Thanksgiving included thanks for a successful barley crop, which allowed for the brewing of beer, and aqua vitae, or “strong water,” was used to smooth over discussions with the Wampanogs. Alcohol was essential to the survival of the colony, both as a drink and a currency, and a great deal of energy and time was dedicated to lawmaking and law enforcing surrounding the making, selling, and drinking of alcohol.

[A Pilgrim’s Drunken Progress by A.N. Devers - Roundtable | Lapham’s Quarterly]

The West Memphis Three

Un meurtre épouvantable commis sur trois enfants et trois coupables désignés: des jeunes qui aiment Metallica qu'on accuse d'appartenir à une secte satanique. L'enquête est bâclée et à charge, les jeunes sont condamnés au terme d'une parodie de justice au grand soulagement du sous-prolétariat qui compose la plus grande partie de la population de West Memphis, Arkansas et qui croyaient que les meurtres étaient le fait du Diable lui-même. 

Dix huit ans après les condamnations, faisant suite à deux documentaires de la chaîne HBO sur l'affaire, les accusés sont libérés après une campagne de soutien de célébrités du rock associés au cinéaste Peter Jackson qui finance une contre-enquête.

C'est cette extraordinaire affaire que Nathaniel Rich raconte dans cet article de l'excellente New York Review of Books, en y ajoutant une réflexion très intéressante sur les pouvoirs de l'image et de la célébrité sur l'opinion publique.

The Nightmare of the West Memphis Three by Nathaniel Rich | The New York Review of Books

Seconde langue

Une carte des langues parlées en privé en plus de l'Anglais, aux États-Unis.

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Il y a pas mal de comtés qui parlent Français, surtout près du Québec. 

[Source] - Voir l'image en plus grand ici.

Pam Grier

Dans Grantland un remarquable portrait de la star de la blaxploitation: Pam Grier (on la connaît mieux ici comme la Jackie Brown de Tarantino).

It's as if Tarantino had surveyed her entire career up to that point — the television appearances and sidekick parts — and had had enough. He turned Elmore Leonard's Rum Punch into Jackie Brown for her, and it was both a willful resurrection and a tribute to what Grier had come to mean to Tarantino's entire idea of movies. (Grier got the script and thought — flattered — that Tarantino wanted her to be Melanie, the randy stoner that Bridget Fonda plays.)  

The opening shot of Brown, in profile, standing on a moving sidewalk, just makes you cry for all the love it conveys. It's a simple sequence: her on the walkway while Bobby Womack's "Across 110th Street" plays (years ago, Grier sang backup for Womack). But it's so loaded — the whole movie is — as it regards this still bodacious woman, working as a flight attendant and drug mule on a nothing airline. The movie is the most adult thing Tarantino's ever attempted. He must find a dozen different ways of showcasing the sad, the lonesome, the dull without succumbing to any of it. He rediscovers not only Grier, but Robert Forster and even Robert De Niro, in the most enjoyably egoless piece of acting he's ever done.  

Grier actually says remarkably little in Jackie Brown. Tarantino locates a wisdom that hadn't been there in 1974 (she was 48 when the film was released in 1997). The exasperation and fatigue on that unconventionally beautiful face says everything. The movie's infused with these exploitation elements (Grier; briefly being in prison; Haig as the judge who locks her up; every shabby bar and office from seemingly every blaxploitation movie ever). It's in no way an exploitation movie. But it's also as if straight-ahead exploitation were momentarily not good enough for Tarantino or his star. He wanted to grow up, to make himself worthy enough to live up to the occasion of her, not to laugh at or wink at her legacy, but to raise her up, to redeem her. He did.

[The career and legacy of Pam Grier - Grantland]

Natures mortes et zombies

Sara Davis compare les natures mortes d'hier et les portraits de zombies d'aujourd'hui, elle découvre dans ces deux formes les symboles de l'inévitabilité de la mort, des memento mori.

I love this genre of painting for its perverse insistence on having it both ways: sensuous, appetite-stirring beauty and moralistic metaphors all in one piece; a celebration of consumption and consumerism, meant to be possessed and enjoyed, which also mocks the buyer’s futile mortal endeavors. It’s easy to ascribe this peculiarity to golden age Dutch weirdness — this is the same culture that sunk millions into tulip cultivation and shell-collection! — but I realized sometime between movie previews that our own culture has its own obsession with memento mori and self-chastising consuming culture.

 Academics have long shrugged off zombie television and film as loose metaphor for our brand-hungry culture’s fears of mindless consumerism, which has never seemed a satisfactory explanation to me. After all, 20th- and 21st-century zombies are a far cry from the original mindless zombies of myth, where the dead were raised by magic or the living was made dead-like with neurotoxins. Old school zombies were more or less puppets of a powerful shaman who would use them for repetitive labor — a mindless thralldom that definitely speaks to fear of mental enslavement. But contemporary zombies, even if they are of the old-fashioned slow and shambling sort, are predators. Many modern reimagined zombies are fast-moving, fast-multiplying, and always hungry — like a virus given a human face. Often they are problem-solvers, at least insofar as they may clamber over the barricade you place in front of them. Their capacity to produce horror derives less from their reanimated dead flesh or single-mindedness than from the cinematic situation that they (plural, unconcerned for life or limb, hungry for human flesh) are after you (singular, heart pounding, running for your life).

 This makes more sense — to me, at least — if you think of zombies as a modern-day memento mori. For the 17th century Dutch merchant class, a still life was a shrine to the beauty and pleasure that money can buy: luxuries, delicacies, fine things that could be held in the hand or captured in oils, a small and fine possession in itself. But for contemporary society, the ultimate shrine and symbol of prosperity is the well-kept body — that is, a body that falls into a fairly narrow category of healthy, beautiful, and athletic. Despite all the goods and brands and tech toys, so much more of our collective wealth is sunk into sculpting or tightening, brightening or darkening, coloring and trimming, running, counting calories, and swallowing gallons of “smart” water. It makes sense, then, that today's bogeyman and morality tale is a decaying body, a walking (or running) death’s head that all the cardio and training in the world can’t outrace. Zombies mock us, like the half-eaten fruits of the Dutch golden age and the weary speaker of Ecclesiastes, that though we may define ourselves by what and how we consume, it is all a pretty distraction from how we will be consumed.

[Sara Davis - Old is New Again - The Smart Set.]

Pétrole à volonté

Une chose est certaine, malgré les prophéties catastrophistes, nous ne sommes pas prêt de manquer de pétrole, le problème est son prix, le coût de son extraction et la technologie pour aller le chercher toujours plus loin, toujours plus profond.

Oil is perhaps the only commodity used, in one way or another, by almost everyone on earth. We depend on it for much more than just gasoline. Oil and natural gas provide the raw materials for asphalt, plastics, and chemicals and fertilizers without which modern agriculture would collapse. To say that we’re “addicted” to oil, as though it were a bad habit we could kick through force of will, is to drastically understate the degree of our dependence. In short: no petroleum, no modern civilization. Little surprise, then, that practically since we started using the stuff, we have fretted that we were running out of it. In 1922, a federal commission predicted that “production of oil cannot long maintain its present rate.” In 1977, President Jimmy Carter declared that world oil production would peak by 1985.

It turns out, though, that the problem has never been exactly about supply; it’s always been about our ability to profitably tap that supply. We human beings have consumed, over our entire history, about a trillion barrels of oil. The U.S. Geological Survey estimates there is still seven to eight times that much left in the ground. The oil that’s left is just more difficult, and therefore more expensive, to get to. But that sets the invisible hand of the market into motion. Every time known reserves start looking tight, the price goes up, which incentivizes investment in research and development, which yields more sophisticated technologies, which unearth new supplies—often in places we’d scarcely even thought to look before.

[The Deluge. Pacific Standard]

Reader R.I.P.

Google a donc décidé d'abandonner Reader. C'est une mauvaise nouvelle, Reader était un outil simple et pratique. Bien sûr il y aura toujours moyen de trouver un autre lecteur de flux RSS en ligne mais aussi pratique et fonctionnant aussi bien que Reader? Je ne sais pas.

Il paraît que c'est parce qu'ils n'arrivaient pas à rentabiliser Reader qu'ils le suppriment. Bullshit! Est-ce que ça ne serait pas plutôt parce que G+ n'a pas attiré le public escompté via Reader? G+ est un échec et c'est Reader, utilisé par des millions de gens, qui paye les pots cassés. 

La suppression de Reader est aussi une mauvaise nouvelle pour les blogs parce qu'une partie des utilisateurs de Reader n'iront pas changer de lecteur de RSS et donc ne liront plus un certain nombre de blogs qu'ils avaient l'habitude de lire dans Reader.

Je crains maintenant qu'un de ces quatre Google ne supprime purement et simplement Blogger et Blogspot. Il n'en est pas encore question mais il faut bien se dire que sur Internet, aucun service (surtout gratuit) n'est pérenne. 

Map of Dead Pilots

Un de plus à mettre sur la carte : le Beechcraft 190 de Ace Air (une compagnie aérienne de fret en Alaska) a disparu alors qu'il approchait de l'aérodrome de Dillingham, AK.

[Accident: Ace Air B190 near Dillingham on Mar 8th 2013, aircraft went missing on approach]

The Gatekeepers

À ne pas manquer cet extraordinaire documentaire passé ce soir sur Arte et disponible pendant 7 jours sur le site.
Les confessions de six anciens chefs du Shin Beth, le service de la sécurité intérieure d’Israël. Un film nominé aux Oscars, qui éclaire trente ans de lutte antiterroriste et d’errements face à la question palestinienne.
The Gatekeepers | Le documentaire | ARTE ] 

Tunnels sous Manhattan

Le chantier du tunnel entre le Queens et Manhattan à hauteur de Midtown et sous Grand Central. J'ai vu ça l'autre jour dans mes pérégrinations webmatiques et j'en ai fait un lien sur Twitter et Facebook, puis j'ai pensé à autre chose. C'est Monsieur le Neveu qui m'a rappelé ça hier soir. C'est vraiment un chantier pharaonique. J'adore les tunnels en construction c'est l'étrangeté absolue…

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Photos : MTA / Patrick Cashin

[In Focus - The Atlantic - The Tunnels of NYC's East Side Access Project - 33 photos]

Une boite de Coca

La boite de Coca de la mine de bauxite jusqu'au supermarché.
The number of individuals who know how to make a can of Coke is zero. The number of individual nations that could produce a can of Coke is zero. This famously American product is not American at all. Invention and creation is something we are all in together. Modern tool chains are so long and complex that they bind us into one people and one planet. They are not only chains of tools, they are also chains of minds: local and foreign, ancient and modern, living and dead — the result of disparate invention and intelligence distributed over time and space. Coca-Cola did not teach the world to sing, no matter what its commercials suggest, yet every can of Coke contains humanity’s choir.
[Medium : What Coke Contains. ]

Bouclier... humain

Pour un éventuel voyage vers Mars il faudra protéger les astronautes des radiations solaires qu'ils auraient à subir pendant ce long voyage. Pour cela on envisage de couvrir les parois du vaisseau spatial de sacs d'eau potable qui seront remplacés au fur à mesure de leur consommation par des sacs... de déjections des astronautes.

Rien de tel que la merde pour se protéger des radiations solaires.
A 17-month-long dose of space radiation would be seriously bad news.  The good news, though, is that water and organic materials can both be effective shields against radiation exposure, and any manned space voyage will necessarily involve plenty of both.  MacCallum said the Inspiration Mars spacecraft could leave Earth with its walls lined with bags of drinking water and food. Then, as the astronauts consume these provisions over time, the empty bags could be replaced with others that the craft's occupants had filled with solid and liquid human waste.
[The Register : Tito's Mars mission to use human waste as radiation shield. ]

Y.

A l'occasion de son passage à Paris, Monsieur le Neveu Y. m'a appris plein de choses qui m'ont tour à tour étonné, enchanté, amusé et ravi. Une excellente soirée (bien arrosée aussi, ça aide). Ce garçon est un remède à la mélancolie, il a toujours plein de trucs intéressants à raconter et des nouvelles stupéfiantes à vous annoncer. Le fait qu'il soit toujours d'humeur égale et enthousiaste et absolument étranger à la déprime ajoute au plaisir de converser avec lui.  C'est un anti-dépresseur à lui tout seul, et le pire c'est qu'il fait ça sans forcer sa nature.

Une éclaircie

Ces derniers jours passés sombrement à broyer du noir tout en essayant de maintenir la tête hors de l'eau quand-même. Hier accompli deux ou trois petites choses réconfortantes, comme parler au téléphone avec un ami et dîner en ville avec Monsieur le Neveu de passage à Paris. Ce matin de bonne heure chez le médecin pour faire renouveler une ordonnance. Il s'avère que j'avais un peu trop de tension, ça ne m'a pas surpris : d'une part j'avais très peu dormi, d'autre part j'étais assez anxieux, de cet état anxieux qu'on appelle dysphorie chronique qui m'affecte souvent (et c'est bon de pouvoir mettre un mot sur ces états d'humeur désagréables, ça va presque mieux rien que quand on peut mettre un nom sur la chose!) Après la visite chez le médecin et le passage à la pharmacie, retour au travail dans un état comateux, déjeuné en faisant attention à ne pas manger gras et comme souvent en début d'après-midi, lever de l'humeur. Exactement comme quand le ciel s'éclaircit après le grain, mais mentalement. Du coup tout s'éclaire, des solutions faisables aux petits problèmes du quotidien se dégagent, là où l'on pataugeait encore une heure avant. On se met à voir le silver lining, le bon coté des choses, les points positifs et à bâtir dessus. Tout vous semble plus léger et supportable et l'anxiété cède peu à peu.

Pour fêter ça et pour profiter de cet état je pense faire un peu de nettoyage par le vide chez moi ce soir, histoire d'ordonner et surtout de changer un peu mon environnement, j'aime les petits changements.

Detroit : il y avait une ville là

Detroit

Detroit 2

Un peu à l'ouest

Comme presque tous les samedis mes pas m'ont conduit vers le boulevard Saint-Michel pour ma balade hebdomadaire dans Paris. Je ne sais pas ce qui m'a pris en arrivant au bord de la Seine j'ai eu envie d'entrer à Notre-Dame. Ça fait des années que je ne suis pas entré dans la cathédrale. Il y a une immense construction provisoire qui envahit tout le parvis pour célébrer les 850 ans de Notre-Dame, c'est très laid, encombrant et incongru. Pour entrer dans l'église il faut faire la queue avec les touristes à moins qu'on veuille assister à la messe auquel cas on peut couper la file. Personne ne vérifie que vous allez à la messe plutôt que de visiter l'église, les plus malins et les plus audacieux empruntent sans vergogne ce coupe-file. La dernière fois que je suis rentré à l'intérieur de Notre-Dame c'était encore du temps du cardinal Lustiger, je l'avais vu défiler à travers la nef au début d'une messe, derrière l'encensoir et les enfants de choeur. Cette fois-ci aussi il y avait une procession, mais un seul porteur d'encensoir et deux curés, pas d'enfants de choeur mais un vigile d'une société de surveillance, comme à l'entrée du supermarché. L'orgue entama un hymne de style plutôt moderne et sombre, grave plus que solennel. Les temps sont durs, les catholiques n'ont plus de pape, les Femens attaquent la grand-messe, il n'y a pas de quoi se réjouir, en plus l'hiver n'en finit plus et on est en plein carême. Le Kyrie fut déchirant. Comme en ce moment je suis déjà d'humeur passablement morose je n'ai pas eu envie d'assister plus longtemps à la messe du samedi soir. Je suis ressorti. Il faisait un froid piquant. Les temps sont difficiles.

Croisé hier rue Ordener un Anglais qui m'a demandé où était la Seine. Dans le XVIIIème arrondissement. Je lui ai conseillé de prendre le métro mais non, il voulait marcher et la longueur du chemin ne lui faisait pas peur. Bien. Je lui dis de prendre plein sud, que s'il maintenait le cap au sud il atteindrait le fleuve au bout d'un moment. Il parut content de mes indications et se dirigea tout de go vers l'est en me remerciant.