Trop forts ces Anglais !

Campagne


Photo : ah oui ! On n'a pas eu que du beau temps en Touraine récemment. 


Eh bien cette cérémonie d'ouverture des Jeux Olympiques était plutôt réussie. J'ai bien aimé l'hommage au NHS (National Health Service) et au Great Ormond Street Hospital avec ses infirmières dansantes et ses petits malades en pyjamas multicolores sautant sur leurs petits lits; l'arrivée de la Reine en hélicoptère cueillie par James Bond (Daniel Craig) à Buckingham Palace; l'histoire de la britpop et l'hommage à Internet avec Sir Tim Berners Lee en guest star; Les Chariots de feu joués par le London Symphony Orchestra dirigé par Sir Simon Rattle avec un sketch très drôle de Rowan Atkinson; le God Save The Queen chanté a capella par une chorale d'enfants sourds et malentendants en pyjamas. Bref, du nonsense britannique, de l'humour et pas mal d'originalité sortis de l'esprit d'un Danny Boyle en grande forme. Sans oublier la très belle vasque composée accueillant la flamme olympique et les feux d'artifices somptueux. Ce n'était certes pas toujours d'un goût très sûr mais ça ne chiait pas du marbre, ce n'était pas le genre de cérémonie crypto-fasciste comme on a trop l'habitude d'en voir, c'était drôle, pas prétentieux, pas solennel, ça ne se prenait jamais au sérieux. Trop forts ces Anglais !


Je n'ai pas pu regarder le show ailleurs que sur TF1 et les commentaires sur cette chaîne, en particulier ceux du chef commentateur l'inénarrable Gilles Bouleau étaient d'une indigence culturelle comme je n'en avais encore jamais entendu. J'ai relevé sur Facebook quelques unes de ses perles, franchement on croirait lire La Foire aux cancres. Je n'ai d'ailleurs pas pu les relever toutes elles étaient trop nombreuses. Le Gilles Bouleau m'avait déjà surpris lors de la cérémonie d'investiture de Barak Obama (il était alors correspondant de TF1 à Washington) par son ignorance qu'il assumait complètement en affirmant n'importe quoi quand il ne savait pas ou qu'il n'avait rien à dire.

Bifurcations et incises

1 – Je ne sais pas trop comment organiser formellement ce récit, si récit c’est, de façon à ce qu’il suive ma pensée qui est, comme on a pu s’en apercevoir, portée aux digressions.

1.1 – Comme la plupart des gens d’ailleurs, nous avons rarement une pensée linéaire, avec un début et une fin mais plutôt une série de pensées qui partent dans tous les sens, qui sautent du coq à l’âne.

1.2 – Mais la digression n’est pas couramment de mise lorsque nous faisons un récit ou lorsque nous racontons une histoire, dans le storytelling.

1.21 – Et pourquoi pas d’ailleurs ? Beaucoup d’écrivains ce sont frottés au courant de pensée (stream of thoughts) et on essayé de traduire les sautes et digressions du mieux qu’ils pouvaient et en demandant plus ou moins d’efforts au lecteur.

1.22 – Tout système pour transcrire sous forme de storytelling les courants de pensées est imparfait.

2 – Ma méthode est empruntée à Jacques Roubaud, avec des variantes de mon cru, bien entendu.

2.1 – Mes deux écrivains préférés de langue française sont Jacques Roubaud et Jacques Réda, tous deux ont pour initiales JR qui ont pour particularité d’être mes propres initiales.

2.11 – J’aime bien aussi Jean Rouaud qui a les mêmes initiales que moi et dans son nom une lettre seulement de différence avec mon nom.

2.12 – J’aime aussi beaucoup George Pérec mais nous n’avons pas d’initiales communes.

2.13 – J’ai vu que La Vie mode d’emploi de Georges Pérec était traduit en Anglais tout comme une partie du Grand incendie de Londres de Jacques Roubaud. Je les ai même trouvé au grand Barnes & Noble de Union Square à New York mais je ne les ai pas acheté malgré l’envie que j’en avais parce que j’étais léger d’argent et que je trouvais vaguement ridicule, et même un peu honteux, d’acheter des traductions en Anglais de ces chefs d’œuvre Français, alors que je suis Français et que je les possède déjà en plusieurs exemplaire, et en Français, chez moi.

2.131 – Cependant je n’en suis pas à une bizarrerie près et je pense que si je remets la main dessus au grand Barnes & Noble d’Union Square, à New York et plus particulièrement comme chacun sait, à Manhattan, je les achèterai quand même, malgré le ridicule et malgré la honte, et que je supporterai le regard de la caissière ou du caissier de Barnes & Noble qui ne doit pas vendre tous les jours Life : A User’s Manual ou Species Of Spaces ou encore The Great Fire Of London.

2.1311 – La question se pose de la raison pour laquelle je voudrais lire La Vie mode d’emploi en Anglais. Je ne pense pas d’ailleurs que je le lirai de la page un à la dernière page mais que j’en gouterai quelques pages dans le but d’approfondir mon Anglais avec le rendu dans cette langue d’un texte Français que je connais bien (et que j’aime). Je ne lirai Pérec en Anglais donc que par amour de la langue anglaise.

2.1312 – Je me souviens de cette phase par laquelle je suis passée où j’étais passionné de poésie américaine et où j’écumais les Barnes & Noble de New York à la recherche de mes poètes préférés. Un jour que j’étais passé à la caisse avec une pile de livres de poésie, j’avais entendu le caissier d’à coté de la caisse où j’avais payé demander à sa collègue à propos de moi : « French ? ». Comme si la nationalité avait un rapport avec l’amour de la poésie. En fait je crois bien que le caissier faisait un amalgame entre Français, amateur de poésie et homosexualité. Et je dois dire que cet amalgame, grâce auquel j’avais été malgré moi et hâtivement caractérisé, m’avait fortement vexé.

2. 132 – Ce magasin Barnes & Nobel d’Union Square est, je pense, le plus grand Barnes & Noble de New York et donc la plus grande librairie de New York. Il se situe sur la face nord de la place Union Square et s’étend sur cinq étages d’un immeuble de briques aux hauts plafonds.

2. 133 – Union Square qui est probablement une des places de Manhattan (qui en compte assez peu avec ses rues qui se croisent perpendiculairement) que je préfère, avec son petit parc central et son marché à l’ancienne où les paysans viennent vendre directement leurs produits.

2. 134 – Pendant longtemps j’ai confondu Union Square et Madison Square (un peu plus au Nord).

2. 135 – Madison Square se distingue de Union Square par le fait (en particulier) qu’en son sud Madison Square arbore le célèbre building dit du Flatiron (le fer à repasser), immeuble de forme triangulaire à l’arrête très fine, l’un des tous premiers skyscrappers de Manhattan, construit dans l’angle que forment la 5ème avenue et Broadway.

2. 136 – A noter que Union Square est aussi situé dans un angle mais à cet endroit c’est Park Avenue que croise Broadway.

3 – Je ne m’interdis pas de reprendre un morceau de paragraphe pour commencer un billet plus tard et tisser une toile de pensées autour de ce moignon d’idée.

4 – Je n’ai jamais su finir un billet de blog (je ne sais jamais comment finir quoi que ce soit d’ailleurs) j’ai toujours la tentation d’en ajouter, d’ajouter dérives et bifurcations, de ne faire qu’un long billet de blog qui se poursuivrai à l’infini. Sauf que ça ne serait pas pratique, ni à concevoir formellement, ni à lire.

Petits bonheurs

Liste de petites choses qui font plaisir quand je rentre chez moi :



  • Le grand écran de mon iMac (après le minuscule écran du MacBook).

  • Ecouter de la musique sur Spotify.

  • Mon lit (dans lequel je viens de passer dix heures d'un sommeil réparateur).

  • Les trois degrés de plus de la température parisienne (à cause du bitume noir des rues et de la réverbération des murs).

  • Le baseball sur ESPN America et sur MLB TV.

Pluvia

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Aujourd'hui pluie. Tout le temps. Je ne sais pas à quelle heure ça a démarré cette nuit mais ce matin... Il flotte ! Pour changer. C'est mon dernier jour de vacances, enfin pas tout à fait puisqu'arrive le weekend. Les propriétaires, ma soeur et mon beau-frère, reviennent cet après-midi, et donc dans une certaine mesure c'est la fin des vacances pour moi. Bon, c'était bien et inespéré, je ne pensais pas que cette année j'aurai autant de temps peinard ici. Je ne suis pas du tout triste, juste le léger regret de devoir laisser toute cette campagne que j'aime et cette tranquillité. Mais je ne suis pas mécontent de rentrer à Paris et de retourner au travail lundi. Je me suis bien reposé et bien ressourcé comme on dit.


Hier j'ai trouvé une chauve-souris dans la douche. Une petite bête d'environ 3 centimètres de long et 9 centimètres d'envergure, ailes déployées. Elle était vivante mais épuisée et peut-être blessée, et aussi désorientée. Je l'ai examiné, elle ne paraissait pas blessée finalement et apparemment n'avait pas d'os cassés, mais je ne suis pas vétérinaire. Je l'ai mise dans une boite en carton sans couvercle et posé dans le cellier, à l'ombre et au frais, hors de portée du chat et j'ai laissé la porte du cellier ouverte vers l'extérieur. Vers trois heures de l'après-midi, quand je suis allé voir ce qu'elle devenait, elle avait disparu, repartie comme elle était venue. D'ailleurs je me demande bien comment elle était tombée dans la douche, en premier lieu. Et comment elle était rentrée dans la maison et la salle de bain. Godspeed little bat !

Un orage sur JFK

Hier soir j'écoutais les contrôleurs aériens de la tour de l'aéroport John Fitzgerald Kennedy (JFK) à New York, comme je le fais souvent. Un gros orage était dans les parages car la plupart des vols attendaient sur les taxiways ou sur les aprons ou à leurs portes une amélioration pour décoller et il y avait très peu d'atterrissages. De temps à autres un heavy jet demandait à atterrir quand même : un Aeromexico, un British Airways, en une demie-heure c'est presque tout. La tour leur donnait des instructions assez inquiétantes (pour un béotien comme moi) et après leur atterrissage leur demandait comment ça s'était passé, est-ce qu'ils avaient eu des cisaillements de vent, des choses comme ça. Personne ne se risquait à décoller. Les avions qui attendaient sur les taxiways près des pistes demandaient à la tour s'ils pouvaient arrêter un moteur ou deux pour économiser du jetfuel. Et puis le temps a dû s'améliorer parce que la tour s'est mise à demander à tous les avions en attente de décollage s'ils étaient prêt à décoller, ce qui a mis quelque peu la panique parce qu'évidemment personne n'était vraiment prêt à repartir, des choses à vérifier, des check-lists à faire, des moteurs à redémarrer. Le contrôleur en charge était calme et efficace mais un peu agacé par ceux (des étrangers) qui mettaient du temps à se décider. Des phrases comme "are you ready to take off, yes or no ?" dites sur un ton autoritaire en articulant comme s'il parlait pour le fond de la classe, traduisaient son agacement. Et puis quelques avions ont demandé à passer devant les autres parce qu'eux étaient prêt à décoller et la tour les a autorisé. Il y avait par exemple un British Airways (dont le nom de code radio est Speedbird) qui s'est déclaré "ready to go" et qui a été autorisé à s'aligner avant tout le monde. Du coup tous les autres se sont réveillés et le grand cirque est reparti. Les atterrissages ont redémarré aussi.

Tempus fugit


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Retour au format carré ? Oui, parce qu'hier j'ai revu des images de Rinko Kawauchi et qu'elles m'ont (modestement) inspirées. 


Les photographes qui m'inspirent sont plutôt les Américains Eggleston et Shore, mais de temps en temps je fais un retour aux Japonais et parmi eux j'aime énormément Rinko Kawauchi. 


Hier, promenade à vélo dans la campagne tourangelle. Huismes d'abord puis ensuite le Marais de Huismes et retour par Contebault. Huismes est juché sur une petite butte qui surplombe au sud un marais avec des cressonnières et des peupleraies. Je doute qu'on récolte encore le cresson mais les cressonnières sont restées. Je me souviens de scènes de mon enfance passées dans une de ces cressonnières dans la chaleur de l'été, avec de l'eau jusqu'aux genoux et la découverte d'une sangsue qui s'était accrochée à ma jambe. Ce que nous faisions dans cette cressonnière demeure un mystère, il y avait ma mère et ma soeur et peut-être ramassions nous simplement du cresson.


Vu sur la route un hérisson écrasé, triste spectacle. Vu aussi, bien vivante, une énorme buse dans le marais.


Le chat me réveille à sept heures et demie tous les matins, il met son nez froid dans mon oreille et souffle un coup pour me réveiller. C'est son baiser du matin. Ensuite il se couche en rond près de mon oreiller et attend que je veuille bien me lever et lui ouvrir la pièce où l'attend son petit-déjeuner.


J'ai des moments de pur bonheur ici, des moments où je me sens heureux et serein. Le temps passe trop vite, plus que deux jours et demi.


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Looking hard

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Lu dans le New Yorker de cette semaine sous la plume de Ian Frazier (pas en ligne, sur abonnement) :



Jensen is thirty-one years old, slim, long-legged, and dark-haired, and his eyes have a special brightness that comes from use. Standing in the cavity where the tree had been, he trained his eyes on the uplifted roots and dirt. At first, he saw nothing, which didn't bother him. He enjoys looking hard at nothing and believes it is a skill, a meditative state, which artists should cultivate. After a number of Zen-like minutes, he registered a fleck of red among some thin root tendrils. Reaching up, he took the fleck between his thumb and forefinger. It was a bead. A tendril had grown through its middle. Leaning in closer, he saw others, red and white and yellow and blue. He picked them from the tendrils like fruit. Each measured about a sixteenth of an inch across, and there were more than sixty of them. He had found a cache of glass beads probably dating from Manhattan's fur-trade days, two hundred and fifty or three hundred years ago. Though surrounded by forest, he was close enough to pavement that a good run and a jump could have landed him on Dyckman Street, and he was almost excited enough to do that.



Je suis persuadé qu'on ne voit pas grand chose quand on ne regarde pas attentivement et qu'on passe à coté de merveilles et de découvertes intéressantes. En particulier dans la nature. Aujourd'hui je me suis astreint à regarder la nature avec attention, en prenant le temps, méditativement. Je n'ai pas fait de découvertes exceptionnelles mais j'ai remarqué des tas de petites choses que je n'avais jamais remarqué avant. Des tas de belles choses ordinaires et pourtant qu'on ne remarque pas généralement, ou qu'on ne remarque plus. Et j'ai trouvé l'expérience enrichissante et apaisante.

Tempestas

Grain


Pour terminer la journée sur une note un peu plus amusante. Cette photo a été prise avant-hier lors de ma promenade quotidienne dans les bois. J'ai été surpris par une averse, en fait un gros grain, alors que j'arrivais à la ligne de chemin de fer. Rapidement il s'est mis à pleuvoir durement et a souffler un vent de tempête, mais comme l'averse était très localisée il y avait du soleil en même temps. Je mes suis abrité dans la fourche d'un arbre et l'abri fut absolument parfait, pas une goutte ne m'a atteint. C'était un spectacle surprenant de voir à quelques mètres la bourrasque pluvieuse fouetter les arbres alors que de mon coté tout restait calme et relativement sec.


Aujourd'hui je suis allé faire les courses, en vélo (électrique), chez Leclerc près de Chinon. Le supermarché Leclerc est installé près de Rochambeau Village — la petite ville construite dans les années cinquante par les Américains pour y loger les officiers de l'US Army et de leur hôpital militaire tout proche — à la lisière sud de la forêt. Le supermarché est gigantesque avec un centre commercial attenant. J'ai fait quelques provisions. En revenant par les petites routes qui longent la voie de chemin de fer, près du Château de la Grille, je suis tombé sur une voiture immatriculée en Grande Bretagne, arrêtée sur la petite route a milieu de nulle part. Je me suis arrêté pour les renseigner, ils voulaient aller à Huismes et ils étaient perdus. Ils ont dû être un peu surpris de voir un type en vélo au milieu de la campagne tourangelle, parlant couramment Anglais, s'arrêter pour leur indiquer la route à suivre pour aller dans un bled minuscule comme Huismes. Ils n'en était pas loin, heureusement. Un peu plus loin grâce à mon vélo à propulsion électrique j'ai doublé une autre cycliste et je l'ai laissé sur place. Je fais du 20 km/h. de moyenne. 


J'ai visité le "centre culturel" du Leclerc, en fait une sorte de petite FNAC, mais ma conversion aux e-books et à Amazon, fait que je n'ai plus aucune envie d'acheter des livres dans ce genre de magasin, même si je reconnais que celui-ci présente plutôt beaucoup de choix. 

Securos vos reddemus

On savait déjà que les Jeux Olympiques n'avaient plus de l'esprit des Jeux antiques que le nom et quasiment plus rien du rêve de Pierre de Coubertin. Les Jeux Olympiques sont devenu la grande fête du fric (avec protection policière des frites McDonald par endroits et des marques des sponsors des JO). Il n'y a plus rien de la fête des corps et de la grande fraternité internationale des sportifs depuis que les athlètes défilent derrière leurs drapeaux (j'ai encore en mémoire la cérémonie d'ouverture des JO de Munich où les athlètes défilaient d'un pas martial, on n'ose plus faire ça maintenant, c'est un progrès). Depuis le 11 septembre 2001 à New-York et aussi juillet 2005 à Londres c'est aussi la grande fête de la paranoïa sécuritaire. Pensez: Londres et ses milliers de caméras de vidéosurveillance. Et voilà qu'on vend la mascotte des Jeux Olympiques de Londres habillée en "bobby", admirez :


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Si vous ne voyez dans cet espèce de cyclope habillé en flic qu'une innocente peluche et non un évident symbole fascisto- big brotherien de surveillance généralisée (pour votre bien vous qui n'avez rien à vous reprocher, évidemment), alors c'est désespérant.


Ces Jeux Olympiques vont probablement être les plus "sécurisés" de l'Histoire (à tous points de vue). Le complexe securitaire-industriel va avoir un salon en plein air, une sorte de gigantesque show-room pour faire la démonstration de ses produits. Le sport ? Circulez, il n'y a rien à voir. 

Ignominia

Enfants dans la Rafle du Vel dHiv


Les 16 et 17 juillet 1942 eut lieu ce qui restera dans l'histoire comme l'une des plus grandes ignominies de la collaboration française à l'envahisseur Nazi. Ces deux jours virent l'arrestation massive, à Paris et en banlieue parisienne, de 12 884 juifs étrangers ou apatrides réfugiés en France (4 051 enfants, 5 802 femmes, 3 031 hommes) sur les ordres des Nazis, mais avec l'assentiment voire l'enthousiasme des dirigeants du régime de Vichy et exécuté par la police et la gendarmerie française sans que les Allemands aient eu à lever le petit doigt. Le secrétaire général de la police nationale, René Bousquet et le commissaire général aux questions juives Louis Darquier de Pellepoix, mirent la police française au service des Allemands. Le directeur de la police municipale André Tulard, utilisa le fichier de la préfecture de police où les juifs français et étrangers en zone occupée avaient dû se faire enregistrer, pour définir la cible et faciliter la rafle. Comme quoi il faut toujours se méfier des fichiers, ils peuvent toujours être utiles aux flics. Les juifs de Paris et de la banlieue, arrêtés, furent entassés au Vélodrome d'Hiver (dit le Vel d'Hiv dans le XVéme arrondissement de Paris), (toujours l'utilisation des stades, une constante de l'oppression, se méfier aussi des stades) et dans les camps de Drancy, Beaune-la-Rolande et Pithiviers. Tous les juifs furent déportés, petit à petit, dans des wagons à bestiaux, vers Auschwitz et exterminés, la plupart du temps dès leur arrivée ou peu après. Les adultes furent déportés en premier suivit des enfants de plus de douze ans et des plus petits enfants en dernier. Organisation Allemande, trains et wagons Français. 


Le Vélodrome d'Hiver abrita, si l'on peut dire, 7000 personnes pendant cinq jours, sans nourriture et avec un seul point d'eau, avant qu'ils soient entassés dans des wagons à bestiaux pour le voyage vers Auschwitz.


Cette rafle ne représente qu'un quart des 42 000 juifs envoyés de France à Auschwitz en 1942. Seuls 811 revinrent vivants.


Il est a noter que quelques policiers ou gendarmes refusèrent de participer aux rafles, d'autres ne mirent aucun zèle à s'acquitter de leur mission, certains allèrent même jusqu'à prévenir les juifs de se cacher avant la rafle. La plupart exécutèrent les ordres, jugulaire-jugulaire.


Aujourd'hui, 70 ans après, un sondage révèle que 42% des Français ne connaissent pas cet ignoble moment de leur histoire.


Crédit photo : enfants dans la rafle du Vel d'Hiv', auteur inconnu.

Oppugnare nocte


Canne


Voici la canne qui n'a pas de nom.


Je n'écris pas beaucoup dans ce blog, ni nulle part d'ailleurs, en ce moment. C'est que le temps file à une vitesse phénoménale, ou que je suis particulièrement doué pour perdre mon temps. Je me disais ça hier, que j'étais très fort pour glander sans rien faire. Ou alors lire, me promener dans les bois, me faire à manger, faire la vaisselle et nettoyer la cuisine, observer l'oie et les poules, chercher la canne partout dans la propriété (elle a une fâcheuse tendance à disparaître et je m'inquiète pour elle : un renard est si vite arrivé). Et triturer la présentation de ce blog. J'en conviens ça devient vraiment ridicule. Il faut dire que je ne suis jamais content de ce que j'en fait de ce blog. Ça aussi c'est ridicule. Bon j'arrête, promis juré, pendant quelques temps, au moins.


La météo. Ça aussi ça devient ridicule. Je connais des gens qui ne supportent pas qu'on parle du temps qu'il fait. Heureusement qu'ils ne lisent pas mon blog. J'ai beaucoup d'intérêt pour la météo. J'ai beaucoup d'intérêt pour à peu près tout d'ailleurs. Donc oui, aujourd'hui, miracle, il fait un temps superbe. Pas encore très chaud comme j'aime mais j'ai bon espoir que ça vienne. Il y a encore pas mal de nuages mais ce sont des cumulus de beau temps. 


Et nous avons de petits événements naturels, ici. Avant-hier soir j'étais le nez au Velux de la mezzanine, à observer les vols virevoltants des chauve-souris. Il y a beaucoup de chauve-souris dans les parages. Elles peuvent être assez grosses, disons de la taille d'un moineau, ou peut être légèrement plus petit. Je les regardais voler derrière la maison dans le début du crépuscule, elles ont un vol très rapide et changent constamment de direction. Observer leurs vols est fascinant d'autant que tout se passe dans le silence le plus total malgré l'utilisation intensive de leur système d'écho-location à des fréquences inaudibles pour l'oreille humaine. Ce n'est pas la moindre des étonnantes capacités de ce petit mammifère volant. Déjà que des mammifères à poils, gros comme des souris, avec des membranes entre des doigts démesurés qui leur servent à voler parfaitement silencieusement puissent faire des acrobaties aériennes c'est curieux. Mais qu'en plus ces animaux presque aveugles, soient équipés d'un sonar et d'une ouïe si fine et si précise que la combinaison des deux remplace la vue, c'est extraordinaire. Sachant que quand ils ne volent pas ils vivent accrochés par les orteils, la tête en bas, sur des plafonds de caves ou sur des poutres de vieux greniers, on aura un tableau assez complet de cet invraisemblable animal et pourtant extrêmement commun. 


Donc j'étais à la fenêtre, observant les chauve-souris, quand un rapace a fondu à la vitesse d'un missile, serres en avant, sur l'une des chauve-souris, l'a attrapé en vol et s'est éloigné avec sa victime dans ses serres. Il est allé se poser sur une branche de pin, toute proche, et a entrepris de déchiqueter sa proie sur le champ. Quel était ce rapace ? Difficile à dire, la lumière était assez faible. Il avait l'air plus petit qu'une buse (il y a beaucoup de buses dans le coin). Peut-être une jeune buse, quoique son expertise à attraper une chauve-souris révèle une certaine expérience de la chasse. Je pense plutôt à un busard Saint Martin, plus petit qu'une buse et ayant à peu près les mêmes couleurs de plumage.


Cette attaque qui s'est déroulé de façon inattendue et avec une rapidité incroyable, était, croyez-moi, assez impressionnante à voir. 

Crudelis sectis

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De grands pans de forêt sont abattus. On commence par le sous bois, puis les arbres de plus en plus grands et enfin le secteur est mis "à blanc", coupe claire. Des machines infernales à mâchoires et pinces d'acier abattent et débitent un grand arbre en moins de dix minutes. L'opérateur de la machine reste dans sa cabine avec air conditionné, il ne met presque jamais le nez dehors.  

Pulchra lilium

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Indifférents à la pluie, les nymphéas déploient leurs coroles sur l'eau calme de la mare.

Pluvia pergit

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Humiditas


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Il pleut sans discontinuer depuis que je me suis levé ce matin. Mon frère hier m'avait dit : "demain il est prévu de la pluie toute la journée", je n'avais pas voulu le croire.


L'oie dont le nom est Némoise (photo ci-dessus) ne paraît pas incommodée par la pluie, ce matin il me semble qu'elle est venue me faire une courte visite, peut-être simplement pour voir si j'étais là. C'est un animal social et elle est seule dans le poulailler.


Une grosse dépression associée à un front chaud passe en ce moment sur le Nord de la France, dans ces cas là c'est de la pluie, continue, régulière, ou dans le meilleur des cas du crachin. Comme il n'y a pas de vent les nuages s'attardent. Demain le front chaud s'évacuera par le Nord-Est et arrivera un front froid, ce qui signifie un temps à grains, des averses éparses, parfois assez drues, comme le montre la carte des précipitations prévues demain à quatorze heures (source Météociel) :


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Il est probable que le défilé du quatorze juillet à Paris soit sec. À partir de dimanche le temps devrait s'améliorer et la température remonter lentement au cours de la semaine.

Feriae

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J'ai écourté la journée pour prendre le train un peu plus tôt que d'habitude. J'ai encore cédé a ce déplorable défaut de procrastination en ne prenant mon billet de train qu'au tout dernier moment ce qui fait que je n'avais pas de place dans le train de 17h13 mais seulement dans celui de 16h36. Mais c'était aussi bien parce que c'est un train qui va directement à Tours sans obliger de changer à Saint Pierre des Corps et à prendre les horribles navettes toujours stationnées le plus loin possible du train dont on descend (ils ont un sens bien particulier du service client à St Pierre des Corps, mais c'est vrai que leur gare est bien trop petite pour le nombre de trains qu'ils reçoivent et mal fichue en plus). J'avais du coup trois quarts d'heure d'attente à Tours. J'ai été m'acheter une brioche fourrée au chocolat à la boutique où ils ne vendent que des brioches (mais quelles brioches !), devant la gare de Tours et j'ai pris un chocolat chaud au buffet de la gare. Un chocolat chaud au mois de juillet, c'est assez peu courant mais vu le temps qu'il fait, ça se justifie assez bien. Puis train pour Chinon, magnifique et confortable TER, descente en pleine campagne à Rivarennes où mon frère m'attendait pour m'emmener à L'Essart. 


Je suis arrivé donc à la campagne et au moment où j'écris je peux vous dire que le calme est réconfortant. La nuit est tombée, j'ai renfermé la basse-cour, nourri le chat, me suis nourri moi-même (gaspacho, salade, maïs, fromage de chèvre, brugnon, rien que du bon pour la santé et pour ma ligne).


Tous les étés quand je prends quelques jours de vacances ici j'ai envie de prendre ma retraite à la campagne, mais dès que l'automne arrive j'oublie tout pour ne plus penser qu'à m'installer en ville. La campagne me séduit en été, mais en été seulement. J'ai la faiblesse de penser que, finalement, je m'habituerai à l'automne et à l'hiver, au mauvais temps et aux arbres sans feuille mais c'est une illusion, le fait est que la campagne me déprime quand il n'y a plus de feuilles aux arbres et quand la lumière ne l'éclaire plus que quelques heures par jour, quand les champs sont labourés et marrons, quand il y a de l'eau et de la boue partout. Je me souviens d'avoir lu Edward Abbey qui racontait qu'il passait six mois d'hiver à New York et les autres six mois dans sa cabane de rangers dans les parcs du Sud-Ouest américain (en particulier le Parc National des Arches en Utah) et que ce mode de vie lui convenait parfaitement. Voilà ce qu'il faut que je fasse.

Revertere qui reversus

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Mon neveu AFR a vraiment l'art de d'écrire des choses que je suis tout prêt à contester. Ainsi dans son dernier billet de blog il déclare : "de retour, me restent en tête l’attendrissante beauté des enfants mâles de la lignée (réunion de famille annuelle)". Pour moi ce ne sont pas les enfants mâles de la lignée qui sont particulièrement beaux, certains sont mignons, d'autres un peu moins, mais les filles, elles, sont toutes uniformément d'une charmante beauté enfantine.


De même AFR, un peu avant, affirme : "c’est bien une idée de citadin que de croire que les nuits à la campagne sont paisibles — aboiements incessants, hululements, pépiements, craquement végétaux divers…" Je conteste vivement cette généralisation abusive. Là, où je vais à la campagne, je peux vous dire que la nuit c'est le silence total, épais, on pourrait entendre les étoiles glisser dans le ciel. De plus quand il y a des bruits ce sont des sons naturels, non-humains, non produits par l'homme et ils ne font que rehausser la qualité du silence campagnard. mais cette réflexion vient peut-être du fait qu'AFR ne va pas vraiment à la campagne mais dans une zone habitée assez dense, certes entourée de champs, mais à la limite d'une zone pavillonnaire banlieusarde.


C'est la campagne tourangelle que je m'en vais rejoindre maintenant pour une semaine de repos bucolique. See you there…!

Joël

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Joël est né en l'an 2000. Il va avoir douze ans. Il entre en sixième à la rentrée.


En le voyant grandir je me vois vieillir.


Son univers n'est déjà plus le mien. Quel monde va-t-il trouver lorsqu'il atteindra l'âge adulte ? 

Tres pinus

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Ces trois pins ont mon âge. Ils ont été planté lorsque j'étais enfant. C'étaient les sapins de Noël de mon enfance.


Ils ont poussé au fond du jardin de L'Essart. Comme ils avaient été plantés trop près les uns des autres (sans doute ne pensaient-on pas qu'ils atteindraient ces dimensions, c'est à dire qu'ils vivent si longtemps) l'un des trois a poussé de biais. Il s'est penché pour échapper à l'ombre des deux autres.


Ils se balancent dans le vent. Et l'on peut entendre le souffle du vent dans leurs branches. C'est un bruit que j'aime.


Le soir les rayons du soleil couchant illuminent leurs troncs.


J'aime les contempler, ne rien faire d'autre que les contempler. Et écouter le vent dans leurs branches.

Retour au travail

Premier jour de travail dans mes nouveaux locaux, à quinze minutes à pieds de chez moi. Je suis enchanté, malgré l'absence d'ameublement, en particulier d'armoires (mais elles vont arriver)!
En plus, ce qui change des précédents locaux c'est que je reçois le 3G fort et clair sur mon téléphone, donc je peux twitter toute la journée. Maigre satisfaction direz-vous, mais moi j'en suis content.
Pour aller et revenir de mon bureau à chez moi, je prends la rue Stephenson, qui longe le quartier de la Goutte d'Or. J'ai déjà remarqué les curiosités suivantes dans cette rue Stephenson :

  • Un hammam oriental au décor extérieur assez pittoresque.

  • Une boutique où l'on ne vend que de la menthe fraîche. Ça sent la menthe à vingt mètres car la boutique est largement ouverte sur la rue et il y a des quantités impressionnantes  de cageots de menthe.

  • Une agence de voyages vendant uniquement des pèlerinages à La Mecque.

  • Une boutique qui vend des robinets, toutes sortes de robinets, mais apparemment que des robinets.

  • Une clinique qui distribue des seringues et des produits de substitution pour drogués.

RIP Nora Ephron

Nora Ephron est morte avant-hier. J'avais aimé Julie et Julia que j'avais vu dans un avion d'Air France entre Houston et Paris et bien sûr j'ai adoré Quand Harry rencontre Sally. Ces deux films se déroulent à New York et la ville, d'où était originaire Nora Ephron, est en toile de fond. Je crois bien même que j'ai revu plusieurs fois Quand Harry rencontre Sally pour les vues et l'ambiance de Manhattan, plus que pour l'histoire ou les acteurs (bien qu'ayant une tendresse particulière pour Meg Ryan et pour Billy Cristal). Je ne suis pas (ou plutôt je ne suis plus) cinéphile et je n'ai pas vu d'autres films de Nora Ephron ou sur un scénario de Nora Ephron. Elle tenait un blog dans le Huffington Post et sur les blogs elle disait ceci, dans un entretien à The Bielever (traduit par la blogueuse cinéma du Monde Isabelle Regnier) :



"The Believer : Vous avez affirmé qu'en avançant dans votre carrière, vous vous êtes laissé gagner par la peur de vous répéter, de reproduire les mêmes situations de fiction. A quel type d'exercice vous livrez-vous pour garder votre esprit alerte et fertile?


Nora Ephron : Le premier exercice consiste à écrire. C'est une des raisons qui m'a conduite à bloguer - c'était comme un nouveau muscle à travailler. Je veux dire, je ne suis même pas sure que cela le soit encore, parce que les choses évoluent très vite dans la culture du Net, mais il y a six ans c'était une forme nouvelle. Ce n'était pas un essai, mais c'était un genre d'essai. Il fallait que les textes soient courts à cause de l'attention limitée que les lecteurs consacrent au texte sur Internet. La fonction du blog est différente de celle d'autres formes d'écriture, ce n'est pas un texte que les gens lisent, c'est un texte qui a vocation à initier une conversation entre les lecteurs. C'est devenu une des raisons pour lesquelles les gens lisent les textes. Ca devenait, pour eux, un moyen de s'exprimer. Et une fois que vous comprenez cela, votre premier réflexe est de ne pas lire les commentaires - parce qu'à un moment ou à un autre ils vont devenir méchants envers vous.


BLVR : C'est vrai. Et ils invoquent toujours Hitler à un moment ou à un autre, selon la loi Godwin des analogies nazies.


NE : Ouais! Ou alors ils ne comprennent pas du tout la blague. C'est une donnée.


BLVR : Internet est une autoroute de l'outrage moral grammaticalement incorrect.


NE : Je pense qu'on n'a pas qu'on ait besoin de croire dans ce qu'on écrit sur un blog pour plus longtemps que le temps pendant lequel on l'écrit. On n'y met pas la même solennité que dans un véritable essai. Vous ne vous dites pas "est ce que c'est vraiment ce que je veux dire". Vous vous dites "est ce que c'est ce que j'ai envie de dire à ce moment précis".


Explosant, toujours en expansion


Aucune ville ne répond mieux à l’expression « sortie de terre » que New York (ou faudrait-il plutôt dire « jaillie ») : et non pas exactement debout, statique, mais explosant, toujours en expansion non pas en surface mais en hauteur comme on peut voir sur certaines photographies prises d’avion (ou d’hélicoptère) avec un objectif grand angle (fish-eye), quand, bien sûr pendant une fraction de seconde, elle semble restée immobile alors qu’en fait elle n’a cessé de croître, de s’élever, ce genre d’objectifs exagérant la perspective, de sorte que ses multiples gratte-ciel apparaissent non pas verticaux, parallèles, mais obéissant à une force divergente, faisant penser à ces gerbes de cristaux allant s’écartant, se bousculant, poussant vers le ciel ses tours de toutes hauteurs, les moins élevées non pas résignées à leur sort mais ayant simplement pris leur essor avec un peu de retard et se dépêchant pour rattraper les autres, l’ensemble comme planté sur la rotondité de la terre à partir d’une étroite base comme une sorte d’explosion solidifiée, de phénomène naturel, anarchique, tumultueux et géométrique.



Claude Simon, Le Jardin des Plantes.

L'affaire de la canne fugueuse

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Ceci n'est évidemment pas la canne dont il est question mais un vautour fauve que j'ai pris en photo mercredi dernier au Parc Zoologique de Doué-La-Fontaine.


Enfer et damnation ! Ce soir lorsque je suis allé faire rentrer les poules dans leur cabane, plus trace de la petite canne colvert apprivoisée ! J'avais bien mes trois poules, mon coq et mon oie mais la canne avait disparu. La dernière fois que je l'avais vu c'était vers six heures, elle partait le long de la remise vers le fond du jardin. C'est par ce coté que j'ai commencé à la chercher mais impossible de la retrouver dans ce secteur. J'ai alors fait plusieurs fois le tour de la mare pour vérifier qu'elle n'était pas cachée quelque part dans son coin de prédilection. Elle aime bien se cacher au crépuscule et avec le camouflage naturel de ses plumes elle est très difficile à repérer si elle ne bouge pas. Et en général il faut quasiment lui marcher dessus pour la voir ou pour qu'elle se manifeste. C'est qu'elle a toujours gardé quelques instincts d'animal sauvage qui se tapis au crépuscule pour tenter de passer la nuit en sûreté. Je l'ai cherché partout pendant une heure et demie, avec une petite lampe de poche et bouffé par les moustiques. J'ai appelé la famille à Tulle pour demander ce qu'il convenait de faire et, comme toujours dans ces cas là, ils m'ont recommandé de regarder là où j'étais déjà passé plusieurs fois. Un peu comme lorsqu'on appelle, en désespoir de cause, l'aide par téléphone pour son ordinateur en panne et que le technicien vous demande de vérifier si votre appareil est bien branché sur l'électricité... J'allais abandonner les recherches lorsque j'a aperçu la silhouette de la canne au bout du chemin où je l'avais vu s'engager vers six heures. J'étais passé par là plusieurs fois. Je ne sais pas où cette bestiole s'était cachée. La nuit venant elle était sortie de sa cachette et elle attendait sereinement derrière la clôture que je veuille bien la faire rentrer.


Journée calme, à part les événements vespéraux décrits ci-dessus. Je suis allé en vélo déjeuner chez mon frère et j'ai lu, écrit et rêvassé en regardant les nuages et en écoutant le vent dans les pins. Plus quelques tâches ménagères. Le temps passe vite.