Noël Noël

Noël en famille, un nombre indécent de jouets pour les petits enfants s'entasse au pied du sapin. Les grands ont aussi une bonne quantité de présents... Un bon peu de nourriture assez riche change de forme au cours du processus physiologique, avec encombrement des artères au passage : huitres, foie gras, paté maison, cou de canard, oie aux griottes... Les bras chargé de cadeaux le petit P. (3 ans et demi) a fait un vol plané spectaculaire dans les escaliers de la mezzanine, volant sur un vecteur plein sud à quelques centimètres du sol, la tête en avant, et se recevant sur la plus large marche qui se trouve être celle qui marque le virage de l'escalier, rebondissant avec un "boum" très matter of fact pour survoler les dernières marches d'un vol décidé, dans la direction exactement opposée, non sans avoir exécuté une roulade parfaitement maîtrisée qui lui permis d'atterir un peu rudement certes, mais les fesses en premier, comme à la parade sur le carrelage de la salle de séjour. Le crash fut spectaculaire mais entièrement couronné de succès encore que celui ne fut pas intentionnel, puisque petit P. s'en tira sans la moindre anicroche, même pas un petit bleu, juste un bonne grosse trouille qui lui rappelera à l'avenir qu'il faut faire extrêmement attention quand on descend les escaliers les bras chargés de cadeaux du Père Noël. Les grands sont sains et saufs mais ont eux aussi eu une grosse trouille.

Nous sommes maintenant dans une brume digestive... certains s'offrent une petite sieste, bref c'est Noël, on ne le dira jamais assez...

Simone

Simone de Beauvoir a une passerelle à Paris, ce qui est mieux que Jean-Paul Sartre qui n'a même pas de pont, juste une place à St Germain-dés-Près qu'il partage avec Simone. J'ai toujours préféré le Castor à Poulou. Elle était moins géniale que lui, sans doute, mais elle disait trente six fois moins de conneries... Et elle avait un plus beau style d'écriture que Jean-Paul. Ses mémoires sont des livres magnifiques que je relis de temps à autre avec émotion. Cette semaine je l'ai vu dans un téléfilm « Sartre, l'âge des passions » assez médiocre au demeurant mais quand même je l'ai regardé parce que je suis, depuis longtemps, un grand admirateur de ces deux intellos là. Simone de Beauvoir était bien incarnée par Anne Alvaro mais moins bien que Denis Podalydès incarnait Sartre... C'est triste. Dans ce téléfilm Simone de Beauvoir apparaît rigide et hautaine, glaçante et triste. Je ne sais pas comment elle était, à vrai dire, mais je ne la voyais pas comme ça. On sait peu qu'elle était bisexuelle et qu'elle a été renvoyée de l'éducation nationale pour « détournement de mineure » (elle couchait, paraît-il, avec une de ses élèves alors qu'elle était professeur de philo). Elle picolait et fumait. Tout le contraire de cette espèce de frigidité du téléfilm. Il faut lire ses mémoires et sa correspondance, avec Nelson Algren, avec Bost, avec Sartre pour comprendre quelle femme extraordinaire c'était. Vivante, brillante, indépendante, scandaleuse, anti-conformiste, rebelle, fière d'être une femme, amoureuse, douce, tendre... Elle est morte en 1986. Je l'aimerai toujours.

foot

"Il existe une atmosphère de violence ambiante, mais il faut se méfier des raccourcis rapides", observe Gilles Vieillemarchiset, maître de conférences à l'Université de Franche-Comté, à Besançon. Pour ce sociologue, "le sport est devenu un outil de diffusion de l'idéologie compétitive du système libéral, qui prône la réussite à tout prix, quels que soient les moyens". Le football, souligne-t-il, proclame volontiers que "seule la victoire est belle".

"Nous, sociologues, disons que le football est le reflet de la société, donc s'il y a de la violence dans les différents espaces sociaux, il y en aura dans le sport", estime William Gasparini, qui enseigne la sociologie du sport à l'Université Marc-Bloch de Strasbourg. Citant les travaux d'un autre sociologue, Sebastian Roché, récent auteur de Le Frisson de l'émeute (Le Seuil, 228 pages, 16 euros), M. Gasparini rappelle par ailleurs que "le football est, avec les discothèques, l'endroit où il y a le plus de violences en France" et qu'"il représente la première occasion de bagarres, qui se poursuivent en dehors du terrain".

Le Monde - 16 12 2006 - Le foot amateur français est miné par la violence

dans l'attente que les mots viennent...

Dans l'attente que les mots viennent – car toujours ils reviennent, finissent par revenir –, il me faut prendre leur abandon en patience, ne pas les effaroucher surtout lorsqu'ils arrivent, sur la pointe des pieds ou en sabots, lorsqu'ils s'approchent en rampant, se tiennent là, interdits, puis s'enhardissent, se mettent à sourdre goutte à goutte, puis à couler ou déferler, à lentement me submerger. Il faut rester à leur écoute, tout abandonner lorsqu'ils sont là : ils ne font que passer, et n'en font qu'à leur tête. Si vous ne les saisissez au vol ils tourneront le dos, détaleront de toutes leurs menues mille pattes sur le carrelage bleu blanc de la cuisine : jamais ils ne vous attendront. Vos injonctions n'y peuvent rien, ils ne tiennent aucun compte de vos désirs, de l'agenda de votre vie, apparaissent à leur gré, lorsqu'on ne les attend plus ; parfois dans le métro, au café, dans la rue, chez le coiffeur ou au supermarché ils décident qu'il est temps. Il faut être muni de papier pour les attraper à l'instant même, les saisir dans leur moire, les écouter, et prendre note sous leur dictée, en suivant leur allure infernale, clopinante ou athlétique, course de fond ou vol à voile.

Fréderic-Yves Jeannet - "Voyager léger"

mbd


Du travail par dessus la tête, englouti dans le boulot.
Creuuuvé!

bang!

Il y a des jours, franchement, où je donnerais des gifles avec grand plaisir.

Beam me up, Scotty!

litiry 4

Aaaaah, enfin! Mnémoglyphes est enfin passé sur Blogger bêta! L'occasion de se remettre à bloguer, hein, je n'attendais que ça! ;-)

Je ne vous ai pas dis (shame on me) mais Fantômas est paru aux Moutons électriques. Ce fort et luxueux volume de réference sur le génie du crime de Souvestre et Alain est illustré de nombre de mes photos de Paris. Fier, je suis!

Les Moutons électriques publient aussi, dans la même collection, un Hercule Poirot, n'ayez de cesse de vous procurer ses deux ouvrages, je vous le dis!

Pour ceux qui lisent l'anglais, je vous recommande ce blog : (Notes on) Politics, Theory and Photography. C'est extrêmement intéressant. Comme son nom l'indique ça parle d'image et de politique, le moment de l'interraction entre les deux. Passionant!

A propos, je suis tombé sur le site White House Photo of the Day, les images sont superbes et souvent amusantes, je suis accro!

Ces jours derniers je suis tombé par hasard heureux (serendipity) sur deux photographes qui m'ont emballé. Bernard Plossu tout d'abord, du noir et blanc tout en nuance, en délicatesse, en légereté, vraiment très beau, et Patrick Taberna. J'ai découvert ce dernier dans les rayons photo de la Fnac Forum, son livre "Au fil des jours" chez Actes Sud m'a tout de suite emballé! Des photos très littéraires au format carré, prises avec un Lubitel 2. Je ne me lasse pas de ce livre et de ses photos d'une extrême sensibilité et douceur. C'est beau. J'ai recherché ces deux photographes sur le web, Patrick Taberna a un site. J'ai trouvé aussi quelques vidéos de Patrick Taberna, où il explique sa technique, son histoire, ses influences avec une voix et un accent qui me charment. Bernard Plossu est plus rare sur le web, j'ai quand même trouvé un site avec quelques unes de ses photos.

André, hier soir, en entendant le son sciencefictionel de mon nouveau téléphone mobile : "beam me up, Scotty"! Ca m'a bien fait rigoler. Il faudrait que je me balade en pyjama maintenant! (Hum, pour ceux à qui ça ne dirait rien : c'est une blague tirée de Star Trek).