Mariage princier

Le mariage princier a, comme toujours, attiré son lot de pisse-froids qui l'ont critiqué et se sont scandalisés de ce que la télé diffusait cette cérémonie d'un autre âge. Comme toujours ces pisse-froids n'ont pu se départir de leur sérieux et regarder ou ne pas regarder ce mariage pour ce qu'il est un joli spectacle agréable et amusant et même parfois émouvant, que l'on peut regarder de temps en temps avec plaisir. Avec de la jolie musique en plus, à commencer par le God Save The Queen si brillamment chanté dans la magnifique église de Windsor. Je dois avoir un coeur de midinette mais moi j'aime bien la famille royale d'Angleterre, je n'irai pas jusqu'à les acclamer sur les rives du Mall mais je dois dire que je ne suis pas insensible à la pompe royale et à ces cérémonies de rêve. Il y a bien longtemps qu'en Grande Bretagne monarchie ne rime plus avec pouvoir absolu. Je trouve ridicule de se prendre tant au sérieux qu'on ne peut pas se retenir de râler contre la monarchie et de s'enorgueillir d'avoir, en France, fait la révolution. Et encore plus ridicule est de dire que cette monarchie coûte cher à la Grande Bretagne, même si c'est vrai, c'est ignorer combien la monarchie rend fiers et fait du bien à des millions de personnes en les distrayant d'un quotidien souvent sordide. Bref, vive la famille royale d'Angleterre, de la Grande Bretagne et du Commonwealth !

Risques de guerre

Trump n'a que mépris pour un ordre mondial basé sur le respect du droit international formé par les États-Unis et leurs alliés depuis des dizaines d'années. Et ce n'est même pas un mépris raisonné mais un mépris viscéral pour tout ce qui n'est pas America First. Il a réussi à s'entourer finalement de gens qui partagent ce mépris de façon plus idéologique que viscéral, comme John Bolton ou Mike Pompeo. Aidé par ces mauvais conseils Trump a opté pour un ordre mondial basé sur la puissance des États-Unis, dans cette nouvelle configuration c'est les États-Unis qui dictent leurs lois et les autres pays qui doivent la suivre. Je crois que c'est inciter certaines puissance rivales des États-Unis à tester cette volonté et cette puissance en Europe, au Moyen-Orient et en Asie et bien sûr les risques de conflits majeurs en sont augmentés.

Prenons le cas de l'Iran. Si les mollahs qui dirigent le pays, comme le guide suprême Ali Khamenei, décident de sortir du JCPOA et de fabriquer la bombe atomique -- après tout il a toujours considéré le JCPOA comme une concession honteuse faite à l'occident et n'a jamais vraiment caché qu'il était prêt à sacrifier son pays pour effacer Israël de la surface de la terre -- quels pourront être , hors la guerre, les moyens de l'en dissuader ? Aucun.

C'est pour cela que l'exigence d'une défense européenne forte est considérable. Trump a montré qu'il ne respectait pas les traités internationaux et a plus d'une fois émis le souhait de se retirer de l'OTAN si les alliés européens ne mettaient pas plus d'argent dans leur défense. Qui dit qu'il ne passera pas à l'action si, par exemple, les européens refusent d'arrêter de faire des affaires avec l'Iran ?

Ennuis téléphoniques

Hier l'institut Médiamétrie, un institut de sondage, m'a appelé six fois sur mon portable. Six fois ! Par erreur j'avais mis le portable en mode silence ce qui fait que je ne me suis pas rendu compte de ces appels. En prenant mon portable pour regarder si j'avais eu des SMS j'ai découvert cette série d'appels auxquels je n'avais pas répondu. Et aussitôt après que j'ai supprimé le mode silence de mon appareil, Médiamétrie a appelé, pour la septième fois en un journée. Cette fois j'ai entendu la sonnerie et j'ai répondu. Une voix féminine avec un fort accent étranger m'a demandé si je voulais bien répondre à quelques questions. J'ai acquiescé, par curiosité. Il en a suivi une série de question que j'ai eu le plus grand mal à comprendre à cause de l'accent de l'opératrice, questions de plus en plus intrusives à mon goût. Quand l'opératrice m'a demandé ma date de naissance ainsi que celles de tous les membres de mon foyer et que j'ai dû lui faire répéter trois fois la question pour la comprendre j'ai raccroché poliment, ayant peu envie de perdre mon temps plus longtemps et étant réticent à livrer des informations sur moi-même à des inconnus.

Je trouve scandaleux qu'un institut de sondage me harcèle sur mon téléphone et je trouve stupide qu'il fasse appeler par des gens avec un accent étranger tel qu'on ne comprend pas grand chose aux questions posées et enfin, je trouve très intrusives les questions posées (et encore je ne suis pas allé jusqu'au bout) !

Forcer un changement de régime

La raison de la décision de Trump est assez simple à comprendre : forcer un changement de régime à Téhéran. Pour ça il faut dénier à l'Iran le droit de rentrer dans le concert des nations et jouer le jeu des Saoudiens et de la droite israélienne. On en revient toujours aux bonnes (?) vieilles solutions des faucons néo-cons qui nous avaient déjà entraîné en 2003 dans la guerre et l'invasion de l'Irak (avec les résultats que l'on sait). Sur ce sujet je suis d'accord avec l'analyse de Stephen Walt.

Traduction de l'américain par mes soins.

La décision de Trump n'est pas basée sur le désir d'empêcher l'Iran d'obtenir une bombe nucléaire. Si tel était le cas, il serait beaucoup plus logique de rester fermement attaché à l'accord et éventuellement de le négocier pour le rendre permanent. Après tout, l'Agence internationale de l'énergie atomique (qui surveille et inspecte les installations iraniennes) et les services de renseignements américains conviennent que l'Iran respecte pleinement le JCPOA depuis sa signature.

La décision de Trump n'a pas non plus été motivée par le désir de contrer les diverses activités régionales de l'Iran, comme son soutien au régime de Bashar al-Assad en Syrie et au Hezbollah au Liban. Si tel était son but, la ligne de conduite sensée aurait été de rester dans l'accord (qui empêche l'Iran de passer au nucléaire) et d'aligner d'autres pays pour rejoindre les Etats-Unis et faire pression sur l'Iran sur ces sujets de préoccupation. Non seulement Trump trouvera-t-il impossible de réunir la même coalition multinationale qui a produit le JCPOA, mais l'Iran sera doublement réticent à négocier avec les États-Unis maintenant que Trump a montré que la parole de l'Amérique ne peut tout simplement pas être digne de confiance.

Alors, que se passe-t-il? C'est simple: abandonner le JCPOA est basé sur le désir de "garder l'Iran dans la catégorie État voyou" et de l'empêcher d'établir des relations normales avec le monde extérieur. Cet objectif unit Israël, l'aile dure du lobby israélien (par exemple, le Comité américain des affaires publiques d'Israël, la Fondation pour la défense des démocraties unies contre le nucléaire iranien) et les faucons dont le conseiller à la sécurité nationale John Bolton et le secrétaire d'État Mike Pompeo , et plein d'autres. Leur grande crainte était que les États-Unis et leurs alliés du Moyen-Orient finissent par reconnaître l'Iran comme une puissance régionale légitime et lui accorder une certaine influence régionale. Il ne s'agit pas d'une domination régionale, ce que l'Iran ne cherche probablement pas, mais de la reconnaissance que l'Iran a des intérêts régionaux et que ses préférences doivent être prises en compte lorsque d'importantes questions régionales sont résolues. Ceci est un anathème pour les faucons américains, dont le but principal est d'assurer que l'Iran reste un paria isolé pour toujours.

(...) Les faucons voient deux voies possibles au changement de régime en Iran. La première approche repose sur l'intensification de la pression économique sur Téhéran dans l'espoir que le mécontentement populaire grandira et que le régime clérical s'effondrera simplement. La deuxième option est de provoquer l'Iran à relancer son programme nucléaire, ce qui donnerait à Washington l'excuse pour lancer une guerre préventive.

Trump dénonce un second accord international

Il me semble que la décision de Trump de quitter l'accord sur le nucléaire iranien ne procède pas d'une réflexion rationnelle et ne pèse pas beaucoup les conséquences à long terme. Je crois plutôt que Trump a cédé à son désir de démonter tout ce qu'a fait Obama et à humilier tous les experts en géopolitique et en diplomatie que compte l'establishment de Washington. Trump s'est entouré de néo-cons agressifs comme le conseiller à la sécurité nationale John Bolton et le secrétaire d'État Mike Pompeo, qui renforcent son instinct plutôt que de s'y opposer, comme l'ont fait leurs prédécesseurs, H.R. McMaster et Rex Tillerson. Pour Trump tout accord donnant-donnant ne peux qu'être en défaveur des États-Unis, il n'y a pour Trump que des jeux à somme nulle (un jeu  où le gain de l'un constitue obligatoirement une perte pour l'autre). Trump méprise les gens qui ont négocié l'accord et l'endosser de quelque façon que ce soit n'a jamais été concevable pour lui.

Mais maintenant qu'il s'est retiré de deux accords internationaux qu'avait signé son prédécesseur que vaut désormais la signature des États-Unis au bas d'un traité ou d'un accord international ?

Il revient donc à l'Europe d'essayer de sauver cet accord qui pour le moment garanti que l'Iran ne se dote pas de la bombe atomique. Ce sera très difficile. D'autant que l'Iran n'est pas inactif dans le Moyen-Orient : soutien aux rebelles Houthis au Yémen contre l'Arabie Saoudite, soutien au Hezbollah libanais, présence militaire en Syrie pour soutenir le régime d'Assad, soutien aux Irakiens pour réduire les Kurdes et mise au point de missiles balistiques à longue portée.

Faux positif

Un taxi autonome (sans chauffeur) Uber a tué une piétonne à Tempe (Arizona). Depuis cet accident tous les taxis autonomes Uber ont été arrêtés en attente du résultat de l'enquête. Et celle-ci a révélé que l'origine de l'accident n'était pas un défaut dans les systèmes anti-collision du taxi mais dans le programme même qui sert à la conduite de celui-ci.
Le problème viendrait de la configuration du logiciel et notamment de sa capacité à juger qu’un événement sur la route est un faux positif. En effet, les véhicules autonomes, ceux d’Uber compris, sont équipés de systèmes qui leur permettent de ne pas réagir si des formes détectées ne présentent pas de danger (pensez à des feuilles qui voleraient sur la route, un sac en plastique ou même un piéton qui attendrait immobile sur la route juste à côté du trottoir). Ces événements ne doivent pas déclencher de surréaction du véhicule qui pourrait alors mettre en danger des passants ou le conducteur. (...) La voiture a vu la piétonne poussant son vélo sur une voie rapide, mais n’a pas choisi d’ajuster sa trajectoire ou de freiner : elle a considéré ce qu’elle a vu comme un élément qui ne présentait pas de danger immédiat.(...) La raison évoquée par nos confrères pour cette configuration malheureuse est tragique : Uber est une entreprise de transports de passager et elle fait tout pour que la conduite autonome de ses véhicules soit confortable. Cela signifie que les paramètres de le conduite autonome sont ajustés avant toute chose pour que le transport soit agréable.
Numérama
Donc la raison pour laquelle le robot qui dirige la voiture autonome aurait choisi de risquer de renverser la piétonne serait qu'il a privilégié le confort des passagers à un coup de frein trop brusque, alors qu'elle "pensait" que le piéton n'était pas un danger pour elle.

Voilà du grain à moudre pour les opposants à l'Intelligence Artificielle et pour ses partisans. De quoi rappeler les lois de la robotique d'Isaac Azimov :

Première Loi : « Un robot ne peut porter atteinte à un être humain ni, restant passif, laisser cet être humain exposé au danger. » ;
Deuxième Loi : « Un robot doit obéir aux ordres donnés par les êtres humains, sauf si de tels ordres sont en contradiction avec la Première Loi. » ;
Troisième Loi : « Un robot doit protéger son existence dans la mesure où cette protection n'entre pas en contradiction avec la Première ou la Deuxième Loi. »

Ad hominem

Je suis adhérent de LaREM et j’ai modestement milité pour l’élection d’Emmanuel Macron à la présidence de la République. Depuis cette élection je soutiens le président et son gouvernement. Je ne suis pas choqué par les critiques du parti LaREM, du président Macron ou du gouvernement et des décisions qui sont prises par celui-ci. Ces critiques sont normales et n’impliquent pas de jugement sur les personnes. Il n’y a pas lieu de s’offenser de désaccords politiques du moment qu’ils sont argumentés et de bonne foi. Je suis, par contre choqué quand je lis des invectives dirigées contre la personne du président Macron, contre les députés du groupe LaREM et plus encore contre les personnes qui adhèrent à LaREM et soutiennent l’action de ce gouvernement. Trop souvent l’insulte tient lieu de critique. Je n’ai aucune estime pour les gens qui m’insultent à travers mon engagement à LaREM et mon soutien au président de la République et à son action. Chaque attaque ad hominem contre les membres de LaREM (qu'on les appelle macronistes ou macronolâtres) est une attaque ad hominem contre moi.

Matin chagrin



Je n'ai pas le matin joyeux, essentiellement il faut me ficher la paix jusqu'à ce que j'ai mangé et bu un café. Je suis grognon et je n'ai envie de parler à personne jusqu'à ce que j'ai remis mon taux de sucre (je suppose) à niveau.

Représailles

Punition du régime syrien pour avoir utilisé du gaz de guerre pour tuer des civils. À quoi peut bien être utile de bombarder le régime syrien après les avoir prévenu via les Russes ? À les dissuader de recommencer ? J'en doute. Ce bombardement c'est de la communication, c'est tout. Toutefois je suis lâchement soulagé qu'il soit peu probable qu'on assiste à une escalade, sinon chez nous du moins au Moyen-Orient. Au point où on en est il n'est plus possible de contrer Assad. On aurait pu probablement le faire en 2013 lors de la première attaque au gaz Sarin, mais plus maintenant, il faudra se contenter d'attaques symboliques.

Mauvaise foi

Je supporte mal la mauvaise foi et les mensonges de la politique, et cette semaine j'ai été servi, entre les pleurs des pauvres pourchassés de Notre-Dame-des-Landes et les grévistes de la SNCF (sans pouvoir oublier, hélas, les réactions complètement outrées des bouffeurs de curés au discours de Macron) ! Par exemple : les squatteurs de NDDL se sont plaints de brutalités policières alors qu'ils ont reçus les gendarmes mobiles avec des cocktails Molotovs, qu'ils ont tiré sur un hélicoptère de la gendarmerie avec un canon à grêle, et qu'il y a eu plus de blessés chez les moblos que chez les zadistes. En même temps les voilà qui raillent le grand nombre de gendarmes mobilisés pour déloger le petit nombre de zadistes "non armés" en faisant mine de ne pas se rendre compte que si les gendarmes étaient autant et s'ils ont mis trois jours à démanteler leurs taudis c'est justement parce qu'ils voulaient faire cette évacuation le plus délibérément possible en faisant le moins de dégâts personnels possible. Et bien sûr tous les ignorants gogos de gauchistes qui gobent ces mensonges et ces exagérations ! Quant à la grève de la SNCF elle va probablement s'enliser et bien sûr échouer, il y a de moins en moins de grévistes et de plus en plus de trains les jours de grève, et bientôt plus personne ne va en parler ! La CGT a une énorme responsabilité vis à vis des gens qu'elle a convaincu de faire grève pour des motifs politiques, en leur faisant miroiter le grand soir ! Ces gens, la CGT, la FI cherchent à renverser le résultat du suffrage universel simplement parce que celui-ci leur déplaît. C'est inadmissible.

Tâches du matin

Ici à la campagne la routine du matin c'est se lever, s'habiller, enfiler bottes et imperméable (en ce moment il pleut ou il bruine tous les jours ou plutôt tous les matins), sortir, ouvrir la cabane du poulailler, verser du grain dans la mangeoire des poules et de l'eau dans leur abreuvoir (l'eau est dans un arrosoir à côté de la cuvette qui sert d'abreuvoir, il faut remettre de l'eau dans l'arrosoir tous les trois jours environ, l'oie dispose d'une piscine privée dont il faut changer l'eau de temps en temps), refermer le poulailler (le poulailler se compose de trois enceintes concentriques : la cabane où les poules, le coq et l'oie sont enfermés la nuit, l'enceinte intérieure électrifiée où l'on enferme les poules quand on quitte la maison pour une certain temps, et l'enceinte principale, large, où la volaille s'ébat en semi-liberté), puis récupérer le chat dans sa cabane (le chat dort la nuit dans une cabane où a été aménagé un petit nid douillet dans un carton muni d'une couverture sur des bâches en plastique sur lesquelles a été placé un bac à chat qui ne sert pas à grand chose vu que le chat préfère généralement faire ses besoins sur la bâche en signe de protestation ou de sénilité -- mais pas tous les jours, dès fois il fait dans son bac, on ne sait pas pourquoi), (le chat aime qu'on le récupère le matin dans sa cabane pour l'emmener dans la maison dans les bras), (on ne le laisse pas dormir dans la maison la nuit parce qu'il a tendance à faire ses besoins un peu partout sauf dans son bac, et demander à sortir à cinq heures du matin et parce qu'il a été habitué dès son plus jeune âge à passer la nuit à l'extérieur de la maison, ce n'est pas un chat urbain), puis préparer le petit déjeuner du chat (un quart de boite de pâtée pour chat et quelques croquettes mélangées). Après ça les tâches du matin sont terminées et l'on peut passer à d'autres occupations.

Fake news society

Nous sommes passés dans une réalité alternative. Je n'ai jamais vu une grève aussi mue par de faux motifs. Par exemple : la privatisation de la SNCF. Elle n'est pas envisagée par la réforme et de toute façon qui voudrait acheter une entreprise avec un tel déficit, qui est peuplée d'employés prêts à faire grève à la moindre tentative d'effleurer le statu-quo et qu'on ne peut pas virer ? Et pourtant je vois partout des "non à la privatisation". Autre exemple : l'abandon des "petites lignes". Benoît Hamon soutient la grève SNCF parce que fermer les petites lignes c'est accentuer les inégalités territoriales. Sauf que ces fermetures sont explicitement exclues de la réforme ... Et tout est à l'avenant. C'est bien d'une réalité alternative dont il est question. Je suis atterré.

Je ne comprends pas

Je suis cheminot depuis 37 ans, cadre certes mais j'ai commencé à la base, et je ne ne comprends pas pourquoi mes collègues font grève cette fois-ci. Les autres fois ça pouvait se comprendre à la rigueur, il y avait des motifs, je n'ai jamais fait grève, mais je comprenais les motifs. Là, sérieusement je ne vois pas pourquoi ils se mettent en grève et aussi durement. On ne privatise pas la SNCF (on la fait changer de statut, d'EPIC elle va devenir une SA, mais ça ne change strictement rien tant que l'État reste le seul actionnaire); on garde le statut, seules les nouvelles embauches se feront en CDI ; on garde tous nos avantages sociaux et en particulier la retraite ; on garde toutes les "petites lignes" ; en cas de reprise (hypothétique) par une autre entreprise d'une ligne entière le personnel SNCF pourra passer à la nouvelle société en gardant tous ses avantages sociaux et son statut (et son salaire)... Franchement j'en suis même à penser que l'État ne va pas assez loin dans ses réformes de l'entreprise ! Donc je ne comprends pas pourquoi tant de collègues sont prêts à perdre au moins un jour de salaire pour une cause perdue d'avance (car si l'État cède sur cette réforme ça sera fini, plus aucune réforme ne sera possible !) et emmerder le monde avec autant d'enthousiasme !

Un quatrain

Chaque jour le greffier sénile
Sur la bâche de protection
Laisse une crotte comme une île
Juste au milieu de sa miction.

Restons optimistes


Bilan animalier

Bilan d'une semaine à la campagne :
- deux pics épeiches
- quatre chardonnerets
- de nombreux moineaux
- de nombreuses mésanges à tête noire et mésanges bleues
- quatre verdiers
- deux tourterelles
- quatre merles
- deux geais
- au moins quatre bouvreuils
- quelques (je n'ai pas compté) rouge-gorges mâles
- deux lapins adultes
- deux chevreuils adultes
- une buse
- une chouette hulotte (pas vue mais entendu chanter)
- un rapace non identifié de la taille d'un faucon
- une souris
- les hirondelles, martinets, coucou, rouge-queues et autres migrateurs ne sont pas revenus dans nos contrées, pas encore.

Pour mémoire : vous avez peut-être remarqué que ce sont des espèces des champs proches des bois et c'est exactement le milieu dans lequel je me trouve, pour ma plus grande joie.

Les "petites" lignes

Voilà typiquement le genre d'info plus ou moins mensongère qui circule. La SNCF n'envisage pas de fermer certaines lignes mais comme elle le fait déjà (sur la ligne Chinon - Tours que j'emprunte fréquemment, par exemple) de remplacer certains services de trains par des cars. Celui qui décide en dernier lieu c'est toujours l'autorité organisatrice (le Conseil Régional dans la plupart des cas), c'est lui qui paye la SNCF pour que les trains desservent ces lignes. La SNCF peut proposer de remplacer certains trains par des cars mais c'est l'autorité organisatrice (AO) qui décide. 

En outre, contrairement à ce que suggère le titre, la réforme ferroviaire engagée par le gouvernement n'a rien à voir avec les mesures proposées par la SNCF de remplacer des trains par des cars, mesures qui sont proposées aux AO depuis longtemps.

Pour donner un exemple de la rentabilité de certaines liaisons : j'ai pris il y a un mois environ le car pour aller de Chinon à Saint Pierre des Corps, (ce soir là et comme d'habitude le soir des jours de semaine, le train habituel était remplacé par un car), hé bien nous étions deux voyageurs dans le car ! Un client monté à Chinon et descendu à Azay-le-Rideau et moi. En plus, moi, je ne payais pas !! Est-ce bien raisonnable de maintenir une telle liaison ?

Je fatigue...

Et c'est parti ! Propagande ahurissante tous azimuts contre la réforme de la SNCF, avec toujours les mêmes mensonges idiots : privatisation, abandon des "petites lignes", suppression du statut !

Alors NON, il n'y a pas de privatisation de la SNCF, d'ailleurs qui voudrait acheter une entreprise qui traîne un déficit abyssal et des employés invirables et qui se mettent en grève à la première occasion !

Alors NON, les lignes non rentables ne sont pas abandonnées, toutes sont subventionnées par les Conseils Régionaux et c'est ces Autorités Organisatrices qui décident.

Alors NON les cheminots ne perdront pas leur statut, seuls les nouveaux embauchés seront employés désormais au régime général.

Je fatigue...

Mes deux centimes sur la réforme de la SNCF

La réforme ne change rien pour les agents SNCF. Il ne s'agit même pas d'une privatisation, ni d'un abandon de certaines lignes régionales déficitaires. Le sacro-saint statut est préservé pour les agents mais les futurs embauches se feront hors statut. A terme donc le statut disparaîtra. Je ne sais pas si les syndicats auront moins de pouvoir à ce moment là mais c'est bien possible et il est possible que ça soit ce qui les inquiète. Je crois que les syndicats de cheminots, dans cette affaire, craignent, en ne s'opposant pas, de perdre une légitimité déjà très entamée, et qu'ils sont profondément opposés par principe à une modification du statu-quo.

Il y a un problème pourtant dont on parle peu : si une ligne régionale est passée à une compagnie concurrente privée (dans l'avenir ces lignes seront ouvertes à la concurrence et les autorités organisatrices (les Régions) pourront attribuer le marché à une compagnie ferroviaire autre que la SNCF), les agents (conducteurs, contrôleurs) seront obligatoirement repris par la nouvelle compagnie, mais à quel statut ?

Quant à la privatisation elle n'est pas envisagée par la réforme. Mais bien sûr s'il y a passage d'une ligne à la concurrence il y aura une privatisation de fait de cette ligne et reprise des agents dans une société privée.

Je crois que c'est cela qui inquiète le plus les cheminots concernés. Toutefois la résistance, par principe, au changement et la propagande mensongère éhontée des syndicats (en particulier la CGT et SUD) y font beaucoup.

Crise aux États-Unis

Beaucoup de commentateurs pensent que Trump s'apprête à virer le procureur spécial Mueller. Les tweets de Trump, hier soir et cette nuit, semblent confirmer cette hypothèse. Le limogeage de McCabe (ex directeur adjoint du FBI), le passage de Comey dans des shows télévisés pour promouvoir son livre à paraître dans un mois, les réquisitions récentes de Mueller sur les affaires de l'entreprise Trump et le rapport de la commission du Congrès innocentant Trump de collusion avec les Russes sont des événements qui, combinés, peuvent décider Trump à limoger Mueller.  En outre il y a une purge en cours au sein du Cabinet (Tillerson, McMasters, peut-être même Kelly).

Si Trump vire Mueller les démissions vont probablement s'enchaîner en cascade et provoquer une crise majeure aux États-Unis.

La tactique de Trump pour justifier l'éventuel limogeage de Mueller est de déclarer et faire croire que tous ceux qui lui cherchent des ennuis sont des ennemis politiques qui complotent pour le faire tomber alors qu'il n'a rien fait d'illégal et que l'enquête de Mueller est "une chasse aux sorcières". Ainsi Comey est un menteur (c'est Fox News qui le dit !) et a protégé Hillary Clinton tout en organisant des fuites mensongères dans la presse hostile à Trump. McCabe est corrompu par les Démocrates qui ont donné de l'argent pour la campagne électorale de sa femme. Il n'y a que des Démocrates dans l'équipe du procureur spécial Mueller. Rosenstein (le numéro deux du Ministère de la justice et celui qui a désigné Mueller) est un ennemi politique, et ainsi de suite... Pour virer Mueller, Trump a besoin de faire sauter Rosenstein, (Session, le Ministre de la justice, s'est auto-désisté dans l'Affaire russe), faire passer Rosenstein pour un ennemi politique est essentiel.

Rosenstein est le verrou, Trump a techniquement besoin de lui pour limoger Mueller, mais en faisant passer Rosenstein pour un comploteur acharné à sa perte Trump justifie le fait qu'il va probablement virer Rosenstein et, après ça , virer Mueller. Il en a le droit.